Claude Charron
Claude Charron

Manquement à l’éthique : Claude Charron se défend d’avoir mal agi

Alain Goupil
Alain Goupil
La Tribune
Le conseiller municipal de l’arrondissement de Lennoxville, Claude Charron, reconnait ne pas avoir rempli de déclaration d’intérêts à l’égard des liens d’affaires que ses entreprises entretenaient avec la Bibliothèque de Lennoxville, mais il dit l’avoir mentionné verbalement « à deux ou trois reprises » lors d’ateliers de travail où il a été question de financement à accorder à divers organismes de Lennoxville, dont la bibliothèque.

Le conseiller municipal a pu livrer sa version des faits, mardi après-midi, devant la Commission municipale du Québec (CMQ) face aux manquements au Code d’éthique de la Ville qui lui sont reprochés.  

Selon la poursuite, entre le 3 novembre 2013 et le 31 mars 2020, M. Charron a, à plusieurs reprises, et pour un montant total de 1600,54 $, eu un intérêt dans des contrats entre la Bibliothèque de Lennoxville et des entreprises dont il est dirigeant et principal actionnaire. 

M. Charron a indiqué qu’il détenait 85 % des actions de Motel Lennoxville, Estampes Illustra et Papeterie Lennoxville. Même s’il reconnaît être l’actionnaire majoritaire, M. Charron a précisé que ce sont ses fils qui gèrent aujourd’hui ses entreprises sur une base quotidienne.

Outre des articles de bureaux, Papeterie Lennoxville offre aussi des services de dépannage informatique.

Contrairement à ce qu’avait affirmé en matinée le directeur de l’arrondissement de Lennoxville, André Blais, M. Charron dit avoir déclaré ses relations d’affaires à ses collègues du conseil d’arrondissement [voir texte suivant].

« Je l’ai mentionné, a-t-il dit. Je ne l’ai peut-être pas mentionné spécifiquement pour la Bibliothèque, mais j’ai mentionné, à deux ou trois reprises, que j’avais des relations d’affaires avec presque tous les organismes qu’on subventionne. »

M. Charron a qualifié ses relations avec M. Blais de « difficiles » sans toutefois en préciser la raison.

M. Charron a expliqué que l’arrondissement de Lennoxville est « un petit milieu où tout le monde se connaît » et où l’implication bénévole fait partie de la culture de la communauté anglophone. À ce titre, il dit avoir lui-même été impliqué dans presque tous les organismes communautaires de Lennoxville depuis son arrivée, il y a 31 ans.

Une fois élu à titre de président de l’arrondissement de Lennoxville, en 2017, il dit avoir pris ses distances face à la Bibliothèque afin d’éviter toute apparence de conflit d’intérêt. Il dit avoir émis une directive à l’effet que les services offerts à la Bibliothèque le seraient sur une base volontaire. Il n’a jamais été question, a-t-il dit, d’échanger ses services contre une quelconque forme de reçus pour fins d’impôt étant donné que la Bibliothèque est un organisme à but non lucratif (OBNL).

Or, quelques mois plus tard, il a reconnu avoir vendu à la Bibliothèque « une demi-boîte d’étuis en plastique « à un employé de la Bibliothèque qui s’est présenté à son commerce situé de l’autre côté de la rue. « C’a été mon erreur. Mais c’était beaucoup plus pour dépanner qu’autre chose «, a souligné le conseiller municipal.

Les travaux de la Commission se poursuivent mercredi dans la salle de simulation de la faculté de droit de l’Université de Sherbrooke, alors que Me Alexandra Robitaille, pour la CMQ, et Me Annie Aubé, pour M. Charron, présenteront leurs plaidoiries au juge Alain Roy.