« Les problèmes de santé mentale, je pourrais en parler toute la soirée. [...] Nous aurions besoin de plus d’effectifs sur le terrain pour répondre de façon récurrente à ce genre d’appel. Quand on n’a pas d’argent, il faut être plus intelligent », a lancé mardi le directeur du Service de police de Sherbrooke, Danny McConnell, devant les élus de Sherbrooke.

Manque d’effectifs : le SPS « a besoin d’aide »

Le directeur du Service de police de Sherbrooke (SPS), Danny McConnell, lance un appel à l’aide pour augmenter les effectifs des services policiers. Le nombre de patrouilleurs n’a pas changé depuis 2003 malgré un accroissement de la population d’environ 20 %, évoque-t-il. Le nombre d’enquêteurs n’a pas augmenté depuis 1998, a-t-il ajouté lors de la présentation du rapport annuel 2017 du SPS.

La présidente du conseil, Nicole Bergeron, notait dans le rapport présenté mardi au conseil municipal, une diminution des interventions policières dans certains secteurs. Elle a cherché à savoir si la baisse de la criminalité était en cause ou si le manque d’effectifs était plutôt à blâmer.

« Notre capacité à répondre est moindre en raison des nombreuses interventions liées à l’état mental perturbé. Il y a moins de disponibilité policière, alors il faut y aller par priorités », a indiqué M. McConnell. 

Le directeur du SPS avait déjà lancé un appel à l’aide quelques minutes plus tôt quand le conseiller Paul Gingues lui avait demandé si des représentations étaient prévues auprès des candidats aux élections pour les sensibiliser aux problèmes liés à la santé mentale.

« Je m’adresse à vous, le gouvernement municipal. Votre service de police a besoin d’aide. Il a besoin de ressources. »

En matière de statistiques, le nombre de dossiers liés à un état mental perturbé et traités au SPS est passé à 1391 en 2017, alors qu’il était de 1201 en 2016 et 1039 en 2015. L’Équipe mobile d’intervention psychosociale a d’ailleurs été présente lors de 234 événements en 135 soirs. Cette équipe mobile, sur le terrain deux soirs par semaine à l’origine, est maintenant active quatre soirs par semaine.

« Les problèmes de santé mentale, je pourrais en parler toute la soirée. [...] Nous aurions besoin de plus d’effectifs sur le terrain pour répondre de façon récurrente à ce genre d’appel. Quand on n’a pas d’argent, il faut être plus intelligent. Nous avons trouvé dans les dernières années des façons de moduler le travail différemment pour répondre adéquatement aux besoins des citoyens. Nous avons toujours mis tous les efforts nécessaires, mais avec l’avènement imminent de la légalisation du cannabis et la problématique récurrente de la santé mentale, je suis très préoccupé. »

M. McConnell a refusé de chiffrer les besoins du SPS, mais mentionne qu’il lui faudrait plus d’enquêteurs et plus de patrouilleurs. « Les crimes à caractère sexuel sont très émotifs à gérer. J’ai effectivement des problèmes de certains policiers dans la gestion de ça. Nous avons mis sur pied un programme d’aide à nos policiers, à l’interne, pour gérer leurs émotions. »

Le SPS compte 202 policiers.

Légalisation de la marijuana

En ce qui concerne la légalisation du cannabis, Danny McConnell mentionne qu’il reste de la formation à faire. « Je ne crois pas que la police de Sherbrooke sera tout à fait prête pour l’application de la loi le 17 octobre. »

Le maire Steve Lussier s’est dit attentif aux préoccupations de M. McConnell. « Il y a de l’ajustement à faire au niveau du service. C’est tout à fait normal. Ça m’interpelle doublement sachant qu’il y aura la légalisation du cannabis. Ça coûtera plus d’un million la légalisation du cannabis. Nous regarderons le tout. »

Parmi les autres faits saillants du rapport 2017 du SPS, le mouvement #metoo a fait que les gens ont davantage appelé les différents services de police. « Les mois d’octobre et de novembre 2017 ont contribué à plus de 50 % des plaintes de l’année pour agression sexuelle. Le phénomène se poursuit en 2018. Nous comptons environ 20 dénonciations par mois pour des gestes à caractère sexuel en 2018. »

Malgré les cinq meurtres survenus à Sherbrooke dans les derniers mois, M. McConnell estime que la sécurité des Sherbrookois n’est pas menacée. Il s’agit d’événements qui n’ont pas de liens entre eux, dit-il.

« Nous avons un taux de résolution des crimes d’un peu plus de 50 %. Sherbrooke reste une ville sécuritaire. La population est bien protégée. La criminalité demeure stable à Sherbrooke. »

Le bilan routier est meilleur qu’au cours des quatre années précédentes avec 365 accidents avec blessés. Une quinzaine de cyclistes ont aussi été blessés. On ne déplore toutefois aucun décès sur la route. Le nombre de contraventions délivrées est quant à lui passé de 48 165 à 46 349.