Les parents de la région ont beaucoup de mal à dénicher des places dans des services de garde.

Manque de places en garderie : des parents se feront entendre

Une Sherbrookoise organise un rassemblement, samedi, devant le bureau du député de Richmond André Bachand. L’initiative familiale vise à rappeler au gouvernement caquiste la difficulté des parents à dénicher des places en services de garde.

Shella-Ann Schinck avait une place en garderie pour sa petite fille de 10 mois, qu’elle a perdue. Récemment, elle a trouvé une place temporaire, sur laquelle elle pourra compter jusqu’en septembre. Mme Schinck aurait envisagé un congé sans solde sans cette place, raconte-t-elle. Contrairement à d’autres parents, elle aurait eu la possibilité de le faire.

Les histoires comme la sienne pullulent : les nombreuses publications Facebook de parents cherchant des places en témoignent. En quatre ans, l’enfant de son amie a dû aller dans trois garderies, raconte l’organisatrice du rassemblement, qui aura lieu à 11 h samedi devant le bureau du député caquiste. L’événement aura lieu dans le stationnement derrière le 1300 boulevard Mi-Vallon.

« Il y a plusieurs milieux familiaux qui ferment. Chaque semaine, il y en a des nouveaux qui s’ajoutent (...) On crée des places, mais ça ne libère pas des places pour les poupons. L’idée, c’est de se rassembler pour se soutenir et avoir une plus grande visibilité », commente-t-elle. 

« Dans un rayon de 20 km autour de notre résidence à Sherbrooke, nous ne trouvons que deux places en garderie privée affichées sur internet et ces deux places ne sont même pas pour des poupons. Il s’avère que nous avons un poupon de bientôt 10 mois qui n’attend que de trouver une belle place pour lui, a écrit Maxime Héon, un père de Sherbrooke, dans une lettre adressée au ministère de la Famille et envoyée comme lettre aux lecteurs à La Tribune. Or, ce n’est pas normal ni acceptable qu’aucune place poupon ne soit disponible actuellement (...) Nous devons avoir fait plus d’une centaine d’appels dans différents milieux de garde et la majorité du temps, il n’y a aucune place ou aucune place pour un poupon particulièrement. »

La Tribune écrivait en septembre dernier que 85 services de garde régis en milieu familial avaient fermé leurs portes depuis deux ans. Des éducateurs interrogés dans nos pages citaient des irritants amenés par la loi 143. Parmi eux, le fait de ne pas pouvoir être remplacés ou encore le fait que leurs propres enfants soient inclus dans les ratios.

« Oui, pour les poupons, c’est difficile d’avoir des places », note la directrice du CPE Manche de Pelle, Karine Descoteaux Fortin. L’établissement a appris la semaine dernière qu’il obtenait 27 nouvelles places, qui seront créées avec l’agrandissement de l’installation actuelle. Idéalement, la directrice vise août 2021 pour concrétiser le projet.

Pour le moment, le CPE n’a pas de place poupon à son permis. La liste d’attente pour les 0-17 mois est d’environ 175 enfants. Résultat : en plus d’avoir un enfant inscrit à Manche de Pelle, les parents fréquentent parfois un autre service de garde. La directrice se réjouit de l’annonce de la semaine dernière. « On sent que le ministère de la Famille est en mode création et déblocage. Ce sont de bonnes nouvelles. Ça n’a jamais été aussi rapide et aussi fluide (avec le ministère) », dit-elle en rappelant que Québec a notamment assoupli les règles budgétaires pour les projets se trouvant dans des territoires en déficit de places.