Le spécialiste en vieillisement Matey Mandza présente les résultats de l’étude sur les aînés immigrants dans la région de l’Estrie.

Manque de participation sociale pour les ainés immigrants

Selon une étude, la population aînée immigrante de l’Estrie joue un rôle passif au sein de la communauté. Leur basse participation sociale est un enjeu qui préoccupe la Fédération des communautés culturelles de l’Estrie (FCCE) qui souhaite former des comités d’ainés à l’intérieur des associations d’immigrants.

Pas moins de 25 % de la population vieillissante du Canada sont des immigrants. « Négligez cette partie de la population serait de fermer les yeux devant le problème de vieillissement très présent au Québec », explique Matey Mandza, expert en vieillissement. La participation sociale est un facteur déterminant sur la santé des personnes âgées. « On veut leur redonner le rôle qu’ils jouaient dans leur pays d’origine », espère l’expert.

LES SEULS RÉSULTATS CONCRETS

Matey Mandza est à la tête de la première étude sur les ainés immigrants en Estrie, dont les résultats ont été présentés vendredi, en conférence de presse. « On identifie des problématiques, on sait qu’il y a un problème. Mais pour résoudre le problème, il faut aller en profondeur chercher des données probantes. Ce que nous avons fait », explique-t-il. Lui et son équipe souhaitent évaluer les aspects qui freinent la participation.

La tenue de cette étude, où 182 personnes âgées ont répondu au questionnaire et participé aux discussions de groupes, représente la première phase du projet de la FCCE. Les conclusions montrent que leur implication est peu valorisée et que peu d’activités sont organisées principalement pour eux.

Les recommandations élaborées à la suite des résultats visent à valoriser la participation sociale des ainés immigrants dans leur communauté. Selon l’expert en vieillissement, il ne s’agit pas seulement de reconnaitre le problème d’un manque d’implication. « Il faut justifier le problème, pas juste dire qu’il y a un problème », affirme-t-il.

« La FCCE veut soutenir les associations membres pour qu’elles puissent mettre sur pied ces comités pour valoriser les personnes aînées », commente Mariame Cissé, la coordonnatrice du projet. « S’il y a un comité aîné qui est là comme l’avocat des ainés, ça va régler beaucoup de choses. Le premier pas pour eux est d’être présents au sein de leur association, pour une intégration plus complétée en collectivité ».

Un total de 23 associations d’immigrants sont membres de la FCCE en Estrie. Le président de l’association Colombiestrie, M. Mauricio Restrepo Henao, reçoit cette nouvelle avec ouverture. « Il faut aider les ainés, ils ont besoin de support. La communauté colombienne, je pense qu’on est la plus nombreuse. On a une responsabilité et les ainés méritent un travail de qualité », commente-t-il.

Prochainement, les résultats seront présentés au comité consultatif de la FCCE, composé d’ainés, afin de mettre en place des actions concrètes quant à l’intégration des personnes âgées immigrantes au sein des associations de l’Estrie. « On va s’assurer qu’ils aient tous les éléments en mains, pour qu’ils choisissent deux ou trois stratégies à mettre de l’avant », explique Mme Cissé.

Ce projet est possible grâce à une subvention du Secrétariat aux ainés du Ministère de la Famille. Les fonds sont toutefois loin d’être suffisants pour répondre aux besoins exprimés. « Ça va prendre du temps de structurer ça, c’est ce qui m’inquiète. On a besoin de support de la fédération, d’argent et de bénévoles. On va voir la suite », exprime le président de Colombiestrie.