Au CPE Les Stroumps, ce sont les légumes de l’éducatrice et maraîchère Sonia Verpaelst qui remplissent les assiettes des tout-petits.
Au CPE Les Stroumps, ce sont les légumes de l’éducatrice et maraîchère Sonia Verpaelst qui remplissent les assiettes des tout-petits.

«Manger local» au CPE Les Stroumps

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
La belle saison arrive à grands pas… et le temps des produits frais aussi. Au CPE Les Stroumps, ce sont les légumes de l’éducatrice Sonia Verpaelst qui remplissent les assiettes des tout-petits et le frigo libre-service des parents qui viennent chercher leurs enfants. D’ici quelques semaines, le concept s’étendra dans cinq autres centres de la petite enfance de la région dans le cadre d’un projet-pilote.

Dans ce CPE accueillant 77 enfants, « manger local » a pris une nouvelle dimension lorsque Sonia Verpaelst est aussi devenue maraîchère. Éducatrice depuis 28 ans, Mme Verpaelst et son conjoint ont lancé les Jardiniers de Notre-Dame, situés dans le secteur de Notre-Dame-des-Mères, dans l’arrondissement de Brompton.

L’établissement travaillait déjà à améliorer son offre alimentaire, notamment en travaillant avec des critères de qualité pour l’alimentation. Parallèlement, l’éducatrice a aussi revêtu le chapeau de maraîchère.

« Je lui ai dit que je voulais devenir sa première cliente, raconte la directrice générale, Johanne Rioux. On voulait faire en sorte que les enfants puissent manger ses aliments et qu’ils sachent que les carottes et les tomates, ils viennent de chez Sonia, on voulait personnaliser l’offre alimentaire. C’est parti de là. »

Au départ, Johanne Rioux et sa collègue se sont entendues sur un point : pas de stress! L’idée était que la maraîchère fournisse ce qu’elle avait à fournir, tandis que la directrice avait la latitude de dire qu’elle ne prenait pas un aliment.

Les légumes de l’éducatrice se sont fait une place dans le menu du CPE en collaboration avec le responsable de l’alimentation. De fil en aiguille, les carottes, tomates et autres légumes se sont aussi retrouvés dans un frigo de l’établissement… situé dans le bureau de la directrice. Les gens peuvent aussi passer des commandes que Mme Verpaelst apporte au CPE, précise l’éducatrice. « On a une quarantaine de variétés. Tranquillement, on commence à tasser certains légumes qui sont trop prenants, parce que mon conjoint et moi avons chacun nos emplois, en plus des jardins. On travaille fort. Quand j’ai démarré, je voulais voir les possibilités et je ne voulais avoir de stress », raconte celle dont les journées estivales sont très remplies.

Cette façon de faire a plusieurs avantages, selon Johanne Rioux. Elle permet de sensibiliser les enfants et les parents à la présence de maraîchers et de producteurs tout près de chez eux, en plus de permettre d’écouler des légumes « moches » qui n’arriveraient pas à se frayer un chemin sur les étals des épiceries, mais qui font le bonheur du cuisinier dans les potages, par exemple.

« C’est une belle façon d’éviter le gaspillage », concède Mme Verpaelst.

« J’ai eu un parent en vacances l’été dernier qui est arrêté au frigo libre-service pour acheter une salade. Ça prouve qu’il y a déjà des gestes qui sont intégrés dans la tête du parent, de se dire qu’il y a quelque chose de frais à proximité », raconte la directrice générale. Il existe tout de même certains défis en matière d’approvisionnement (les aléas de la météo, par exemple) et il doit exister une bonne communication avec le responsable de l’alimentation, note Mme Rioux.

L’équipe a fait un bilan de sa première année et a ensuite élargi son approvisionnement auprès d’autres producteurs, pour des fraises et des framboises notamment. À la deuxième année, un pourcentage du budget a été réservé aux produits maraîchers.


« On partagera nos bons coups et nos moins bons coups. »
Johanne Rioux

Le CPE en sera à sa troisième année de collaboration avec les Jardiniers de Notre-Dame.

Avec cette expérience, il accompagnera des CPE qui souhaitent aussi miser sur l’approvisionnement local : Manche de pelle (près du Cégep de Sherbrooke), Magimo (à Saint-Denis-de-Brompton), Au cœur des mésanges (Sherbrooke), Les trois pommes de Compton et Pop-Soleil à Richmond. Environ 14 producteurs participeront au projet.

« On partagera nos bons coups et nos moins bons coups », souligne Mme Rioux, en disant qu’un tel projet touche plusieurs aspects. L’initiative a reçu une aide financière du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) d’un peu plus de 16 000 $.