Mange, visite, aime

Samedi, dans le cadre de Food Day Canada, c'est Bouffe ton centro à Sherbrooke. Une habitude que tu pourrais avoir à l'année Sherbylove? On jase.
Porté par la popularité des émissions de télévision culinaires, des blogues gastronomiques et des chefs élevés au rang de superstars, le tourisme gourmand a le vent dans les voiles. Avec ses restaurants de plus en plus nombreux et réputés, Sherbrooke semble être en bonne voie pour profiter de la tendance... à condition qu'elle n'ait pas que de la bouffe à proposer à ses visiteurs.
« On a plusieurs bonnes tables reconnues au-delà de Sherbrooke. Il y a des gens de l'extérieur qui viennent spécialement pour manger chez Auguste », assure Lynn Blouin, directrice Commercialisation et communications à Destination Sherbrooke.
Selon l'organisme, le tourisme gourmand est une tendance en hausse à Sherbrooke, mais il ne faut pas croire non plus que les touristes viennent séjourner en masse uniquement pour les restaurants de la ville.
« Quand tu es quelque part, il faut que tu manges c'est certain, mais il faut aussi qu'il y ait autre chose à faire en sortant du resto. On ne doit pas trop compter sur une seule approche », explique Lynn Blouin.
Une offre touristique diversifiée qui met les restaurants en valeur tout en attirant une large clientèle, tel est l'objectif visé par les organismes touristiques de la région.
« Le tourisme gourmand, ce n'est pas seulement les restos de fine cuisine. C'est aussi la meilleure crème glacée ou la meilleure microbrasserie en ville. Il faut développer une offre touristique selon différents profils de clientèle », précise Mme Blouin.
Selon elle, Destination Sherbrooke et Tourisme Cantons de l'Est concentrent actuellement beaucoup d'effort dans la promotion et le développement du volet tourisme culinaire. Un concept inspiré de la New York Restaurant Week ou du Dine Out Vancouver Festival, des événements permettant aux amateurs de bouffe de découvrir les restaurants de la ville à moindre coût à travers diverses activités, serait à l'étude.
Restaurateurs et ambassadeurs
« Il y a une quinzaine d'années, il n'y avait que deux ou trois "nappes blanches" à Sherbrooke. Ça s'est beaucoup amélioré depuis », soutient Christian Fréchette, chef du restaurant Da Toni, qui fête ses 45 ans d'existence.
Selon lui, les événements culinaires comme Sherbrooke t'en bouche un coin et Bouffe ton Centro, de même que le réseau Chefs créateurs, qui rassemble des tables innovatrices valorisant les produits de la région, permettent aux restaurateurs de devenir des ambassadeurs de la ville et de la région.
Toutefois, Christian Fréchette a du mal à imaginer que des visiteurs séjournent en ville seulement pour manger. « Les gens descendront pas de Chicoutimi pour manger un spagath, il faut qu'il y ait des événements autres », lance-t-il.
D'autant plus que la situation économique n'est pas à l'avantage des restaurateurs. « Les gens sortent moins. Il faut trouver des moyens de les attirer en suivant les tendances. On fait des trucs un peu plus flyés tout en conservant notre côté classique », explique Christian Fréchette.
« Je ne suis pas convaincu qu'il y a beaucoup plus de touristes dans les restaurants qu'avant, mais c'est sûr que Sherbrooke devient une ville plus intéressante pour le tourisme culinaire », croit pour sa part Stéphane Lo Ré, chef-propriétaire du restaurant Lo Ré.
Pour lui, la proximité de nombreux producteurs, notamment viticoles, offre un bon potentiel pour les tables sherbrookoises. Même s'il remarque une plus grande diversité au sein de sa clientèle qu'auparavant, lui aussi reste sceptique à l'idée que les restaurants puissent à eux seuls attirer les touristes.
« Charlevoix a été un précurseur dans le tourisme gourmand. Ils ont beaucoup de bons restos, mais ils ont également plusieurs attraits, comme le fleuve. Sherbrooke aussi doit trouver les siens », résume le chef Lo Ré.
Autrement dit, manger, oui, mais pas que...