Le bâtiment qui loge les Sherbrooke Hussars et la 52e Ambulance de campagne a été construit en 1839. Il a été le palais de justice de Sherbrooke avant d'être acquis par les Sherbrooke Hussars en 1912.

Manège William : une fermeture triste, mais pas surprenante

La fermeture du manège militaire de la rue William et son éventuelle démolition ne représenteront pas seulement la perte d'un édifice bientôt deux fois centenaire, mais représentera plutôt la disparition d'une pièce importante d'un quartier judiciaire historique plutôt unique dans l'histoire du Québec.
En effet, le bâtiment construit en 1839 était à l'origine le palais de justice de Sherbrooke avant d'être acquis par les Sherbrooke Hussars en 1912.
«Le bâtiment a marqué un rôle important dans la vie judiciaire de Sherbroke. Le palais de justice était situé à côté de la prison, qui était sur le terrain où se trouve maintenant l'école Plein-Soleil (le bâtiment de l'époque n'existe plus), avant qu'une nouvelle prison soit bâtie sur la rue Winter. Il y avait la maison du juge aussi, entre la manège et l'American Biltrite. Bref, la présence de ces bâtiments formait un quartier judiciaire assez rare, et c'est dans ce contexte-là que l'édifice prend toute sa valeur patrimoniale», précise Michel Harnois, directeur général de la Société d'histoire de Sherbrooke.
Le manège militaire de la rue Belvédère est un édifice fédéral du patrimoine reconnu depuis 1991 en raison de son importance historique, de l'intérêt qu'il présente sur le plan architectural et de la place privilégiée qu'il occupe dans son milieu.
Ce n'est pas le cas pour le manège de la rue William, qui n'a jamais reçu de telle reconnaissance. Il est situé dans une zone de protection de la Ville de Sherbrooke, qui stipule que tous les bâtiments de cette zone doivent recevoir une validation particulière avant de subir la moindre rénovation.
«Patrimoine vieillissant»
Le conseiller municipal Pierre Tardif, président du comité de la culture à la Ville de Sherbrooke, fait partie de ceux qui n'ont pas sursauté en lisant La Tribune lundi matin. «Je ne crois pas que la Ville va intervenir auprès de la Défense nationale pour qu'ils maintiennent le manège militaire ouvert à Sherbrooke. On savait déjà que la Défense ne pouvait pas maintenir deux manèges à Sherbrooke et que celui de la rue William avait de gros problèmes de moisissure et de fondations, alors ce n'est pas vraiment surprenant comme décision de leur part», explique-t-il.
Lui-même a fréquenté le manège militaire quand il était jeune comme cadet de la marine.
«C'est certain que c'est triste. Ce bâtiment fait partie de l'histoire de Sherbrooke. Mais il y aura d'autres cas comme ça dans l'avenir, comme des grosses églises par exemple qui vont être appelées à fermer leurs portes. Le patrimoine est vieillissant, on ne pourra pas tout garder», dit-il.
Le député fédéral de Sherbrooke Pierre-Luc Dusseault a pour sa part réagi avec stupeur. Dans les dernières années, il s'est fait un ardent défenseur des deux bâtiments à valeur patrimoniale.
« Les nouvelles sont alarmantes pour le manège militaire de la rue William. J'ai toujours milité pour la sauvegarde des deux manèges militaires de Sherbrooke et je persiste à dire que c'est ce que le gouvernement devrait faire. Il s'agit d'un bâtiment patrimonial qu'on se doit de défendre. »
«Il est hors de question que ce bâtiment qui fait partie de notre histoire et de notre patrimoine finisse à la poubelle. Je vais continuer à soulever ce dossier pour obtenir des réponses et assurer la survie du manège William», a réitéré le député de Sherbrooke.
La ministre Marie-Claude Bibeau n'a pas pu être jointe hier. Elle était en déplacement vers Haïti.