Immobilisé depuis jeudi, c’est finalement samedi en fin d’après-midi que les moteurs des deux locomotives ont été coupés le long du chemin de la Rivière à Magog.
Immobilisé depuis jeudi, c’est finalement samedi en fin d’après-midi que les moteurs des deux locomotives ont été coupés le long du chemin de la Rivière à Magog.

Magog : le train s’est arrêté… après 45 heures

Alain Goupil
Alain Goupil
La Tribune
Le Canadien Pacifique estime que le fait de garder un train en marche immobilisé sur une voie ferrée est « parfois nécessaire dans le cadre des activités normales d’un chemin de fer »

Le CP a réagi ainsi aux plaintes des citoyens du chemin de la Rivière, à Magog, qui ont dénoncé le fait qu’un train a été laissé sur la voie ferré le moteur au ralenti pendant 45 heures.

« Le CP s’efforce de réduire les répercussions de ses activités sur les résidents des environs dans la mesure du possible, tout en veillant à ce que son réseau demeure efficace », a indiqué à La Tribune Stacy Patenaude, porte-parole du transporteur.

Le train en marche immobilisé depuis jeudi en face du club de golf Venise, et qui empoisonnait la vie des résidents du secteur, s’est finalement arrêté samedi, 45 heures après s’y être arrêté…

C’est un employé du Canadien Pacifique qui est venu couper les moteurs des deux locomotives, après que des résidents du chemin de la Rivière eurent alerté les médias au sujet du bruit, de la pollution et des vibrations occasionnés par le train en marche à proximité de leurs résidences.

Parmi eux, Rodolphe Arenales s’est dit encore « abasourdi » par le fait qu’on ait pu laisser un train en marche pendant aussi longtemps, sans égard pour l’environnement

« Avez-vous une idée combien de pétrole, ce train-là a pu brûler pendant 45 heures? a indiqué M. Arenales lorsque joint par La Tribune mardi. Après ça, on viendra me dire de ne pas laisser le moteur de ma voiture tourner plus de cinq minutes, cet hiver… »

La conjointe de M. Arenales, Martine Bouchard, avait sonné l’alarme vendredi et samedi en publiant des vidéos du train en question sur sa page Facebook, ce qui a fait réagir plusieurs citoyens. Certains d’entre eux ont même appelé à la Ville afin de réclamer une intervention auprès du Canadien Pacifique.

À la Ville de Magog, on confirme que des pourparlers se sont tenus samedi entre la direction générale de la Ville et un représentant du CP à la suite de plaintes reçues par des citoyens.

« Oui, quelqu’un de chez nous a discuté avec un représentant du Canadien Pacifique, a précisé Claudia Fortin, du Service des communications de Magog. Est-ce que c’est cette intervention qui a amené le CP à arrêter le train? Je l’ignore, mais notre DG a bel et bien parlé avec quelqu’un du CP ».

Sur son site web, le CP fait toutefois référence aux inconvénients que peuvent occasionner les trains en marche immobilisés sur une voie ferrée, près des quartiers résidentiels.

On y indique que le fait de laisser des trains immobilisés « permet de trier, classer et inspecter les wagons et de satisfaire à de nombreuses autres exigences opérationnelles. De plus, il est nécessaire de mettre en marche et d’arrêter les moteurs des locomotives par intermittence pour d’importants composants mécaniques des trains, notamment pour maintenir la pression des freins à air. Quand la température est froide, la locomotive doit être en marche constamment pour éviter que le moteur soit gravement endommagé », peut-on lire.

Le CP ajoute que ses voies et ses installations « respectent les normes de sécurité les plus rigoureuses ». Le transporteur affirme « travailler en étroite collaboration avec les communautés et les municipalités afin, qu’ensemble, nous assurions la croissance de l’entreprise tout en favorisant les économies locales. »