La propagation du myriophylle à épi, dont on aperçoit des spécimens sur cette photo, cause des maux de têtes aux riverains de plusieurs lacs à travers le Québec.

Lutte contre la prolifération du myriophylle à épi: un projet freiné au lac Lovering

Représentant un problème majeur pour certaines associations de riverains, la prolifération du myriophylle à épi dans les lacs est difficile à combattre. La Société de conservation du lac Lovering (SCLL) croit néanmoins connaître une méthode de lutte efficace, mais des directives en provenance du gouvernement du Québec l'empêchent de cheminer au rythme qu'elle aurait souhaité.
La SCLL a mené un projet-pilote, durant les dernières années, qui lui ont démontré qu'on peut endiguer la prolifération du myriophylle à épi en plaçant de la toile de jute à des endroits précis au fond des lacs. L'organisme voulait donc faire appel à une entreprise spécialisée pour que cette dernière en étende une grande quantité au lac Lovering.
«L'entreprise Block-Aid utilise un quai flottant sur lequel est installée une machine qui étend la toile et qui envoie du sable ou de petites pierres par-dessus, révèle Lucie Borne, secrétaire de la SCLL. Le quai se déplace sur l'eau et il est capable de couvrir une grande surface sans trop de difficulté.»
Selon Mme Borne, Québec demanderait cependant que le jute, au lieu d'être retenu au fond grâce à du sable ou de petites pierres, soit fixé avec des ancrages pouvant être retirés au terme de quelques années.
«L'utilisation de petit blocs de béton pour garder la toile au fond ferait partie des méthodes qu'on pourrait employer. Par contre, si on prend des blocs semblables, ce sera fastidieux comme travail autant pour les installer que les enlever», fait valoir la secrétaire de la SCLL.
Au total, la SCLL aimerait pouvoir étendre un peu plus de 48 000 mètres carrés de toile au fond du lac Lovering. Elle ciblerait les «herbiers qui présentent un pourcentage de myriophylle de 90 pour cent ou davantage encore».
«Dans le cadre de notre projet-pilote, on avait mis 12 000 mètres carrés de jute répartis dans cinq zones du lac Lovering. On a eu de bons résultats: les poissons et mollusques sont revenus et les autres plantes ont survécu, contrairement au myriophylle.»
Malgré les difficultés rencontrées, l'organisme environnemental continue d'entretenir l'espoir. «On est en discussion avec le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les Changements climatiques et celui de la Forêt, de la Faune et des Parcs. On va finir par trouver une solution, d'après moi», affirme Lucie Borne.
Bien qu'on la sente un peu pressée, Mme Borne assure qu'elle comprend la position des ministères impliqués. «Québec fait face à de nouvelles demandes et ne désirent pas aller trop vite. Son approche prudente s'explique», dit-elle.
Le coût de l'opération obligerait la SCLL, qui a un statut d'organisme à but non-lucratif, à dénicher des partenaires ou à être très créative au plan financier. Elle aurait besoin de 90 000 $ pour mettre en oeuvre son projet alors que son budget annuel demeure très modeste.
Le Ministère s'explique
Relationniste au ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les Changements climatiques du Québec, Clément Falardeau souligne que «le choix de la méthode pour retenir les toiles est important puisqu'il peut aussi avoir un impact sur l'habitat du poisson», dont font partie les frayères.
Dans la foulée, M. Falardeau fait valoir que les «traitements contre le myriophylle à épi sont susceptibles d'être récurrents vu l'agressivité de la plante», ce qui forcerait le Ministère à être d'autant plus vigilant en amont.
Par ailleurs, le relationniste du Ministère mentionne que ce sont souvent des pratiques humaines qui sont les premières responsables de l'introduction du myriophylle à épi dans un lac.
«Après l'introduction, la dynamique de sa propagation et de son abondance va dépendre d'une foule de facteurs. Des auteurs mentionnent, par exemple, que c'est plus la concentration de phosphore dans l'eau que celle des sédiments qui favorise son développement. La fragmentation des plantes par la pratique du nautisme contribue par surcroît à la propagation», dit-il.
Infrastructures riveraines d'aqueduc et d'égouts : Vallières appuie le projet de 14 M$ à St-Denis
La députée de Richmond Karine Vallières entend accompagner la municipalité de Saint-Denis-de-Brompton et les associations de riverains dans leurs démarches pour l'installation d'infrastructures municipales d'eau potable et d'égouts autour du lac Desmarais et du Petit lac Brompton.
«Je vais m'impliquer pour éviter les retards. Il faut que le dossier soit bien monté. La municipalité doit avoir les bons outils pour avancer», dit-elle à La Tribune.
«J'appuie le projet, mais c'est un dossier normé et les possibilités politiques sont limitées.»
Rappelons que la municipalité de Saint-Denis-de-Brompton est prête à aller de l'avant avec ce projet réclamé depuis longtemps. La facture est évaluée à 14 millions de dollars, annonçait La Tribune plus tôt cette semaine. Elle serait assumée à plus de 80 pour cent par les riverains.
La municipalité est en attente d'une réponse du ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire (MAMOT) pour une subvention du Programme d'infrastructures municipales d'eau (PRIMEAU) qui pourrait couper la facture de moitié. Une rencontre entre les deux parties est prévue le 20 juillet.
On estime que 75 pour cent des champs d'épuration et des fosses septiques des résidences autour des lacs Desmarais et Petit lac Brompton seraient non conformes.
Sans la subvention, les comptes de taxes des riverains pourraient grimper énormément.
D'autres lacs de la région ont des problèmes similaires, mais de façon moins étendue que sur le territoire de Saint-Denis-de-Brompton, ajoute Mme Vallières.
Encore le phosphore
Selon Jean-Claude Thibault, président du Regroupement des associations pour la protection de l'environnement des lacs et des bassins versants, la plupart des champs d'épuration et des fosses septiques des résidences sont efficaces pour traiter les coliformes fécaux, mais pas en ce qui concerne le phosphore, grand responsable de la prolifération des algues dans les lacs. Le myriophylle à épi, connu également sous l'appellation « plante zombie », est un problème grandissant en Estrie. Cette plante exotique envahissante va proliférer et nuire à la faune et la flore locale. Elle se nourrit du phosphore qui atteint les lacs et cours d'eau.
«C'est pour cela que nous suggérons aux riverains d'utiliser des produits de nettoyage qui ne contiennent pas de phosphore, dit-il. Les plantes marines veulent du phosphore. Les trappes à phosphore ne sont pas encore efficaces. La technologie n'est pas prête.»
«On doit aussi garder une bonne végétation le long des lacs. Si ton bord de l'eau ressemble à Brossard, ça ne marche pas.»
Claude Plante