Entouré d’environ 25 personnes, Normand Couture est allé manifester son mécontentement devant les bureaux du Centre local d’emploi de Sherbrooke.
Entouré d’environ 25 personnes, Normand Couture est allé manifester son mécontentement devant les bureaux du Centre local d’emploi de Sherbrooke.

Lutte contre la pauvreté: un plan qui jette de la poudre aux yeux

Tommy Brochu
Tommy Brochu
La Tribune
Les trois milliards de dollars qui seront investis dans la lutte à la pauvreté par le Gouvernement du Québec d’ici 2023 sont de la poudre aux yeux, selon une vingtaine de personnes qui sont allées manifester près du Centre local d’emploi de Sherbrooke, dimanche après-midi.

Le coordonnateur de l’association des locataires de Sherbrooke, Normand Couture, dénonce le plan du gouvernement. « Le plan présenté par le Ministère ne sortira personne de la pauvreté. Quand on décortique ce plan, on annonce une augmentation de 15 $ par mois pour une personne apte au travail qui bénéficie de l’assistance sociale. On arrive donc à un montant épouvantable de 643 $ mensuellement », indique-t-il, ajoutant qu’un studio à Sherbrooke coûte 426 $ par mois.

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L’annonce du gouvernement occasionne beaucoup de déception. « Les gens s’attendaient à être capables de payer leur loyer et leur épicerie, mais leur rêve vient de s’écrouler, déplore M. Couture. Les gens qui ne sont pas capables de travailler ne sont pas capables de participer à des mesures d’employabilité! »

Par ailleurs, les gens vivant avec des contraintes sévères auront également de la difficulté à sortir du seuil de la pauvreté, selon M. Couture. « On nous annonce aussi que les gens avec des contraintes sévères recevront 826 $ par mois. Le gouvernement considère qu’ils sont au-dessus du seuil de la pauvreté. Des analyses nous démontrent qu’en dessous de 15 $ de l’heure, une personne vit sous le seuil de la pauvreté », affirme-t-il.

Par contre, toujours selon M. Couture, plusieurs personnes considérées aptes à travailler ne devraient pas l’être. « Beaucoup de maladies ne sont pas reconnues. Les gens ayant ces maladies sont donc déclarés aptes au travail. Dans la réalité, ces gens-là ne sont pas capables de travailler. Il faudrait, comme société, pouvoir répondre aux besoins essentiels pour tout le monde », ajoute-t-il.

Pour enrayer la pauvreté, le premier pas serait de reconnaitre les individus qui ne peuvent pas travailler. « Si l’on veut avoir un vrai premier pas, il faudrait reconnaître qu’il y a des gens qui n’ont pas accès au marché de l’emploi, ni au un retour aux études. En tant que société, il faudrait que les gens aient un boni permettant afin de combler les besoins essentiels », propose M. Couture, rappelant au passage que personne ne choisit d’être pauvre.