La ministre de l'Enseignement supérieur Hélène David s'est arrêtée à l'Université de Sherbrooke hier dans le cadre des cinq journées de réflexion à travers la province, qui doivent s'étirer jusqu'en mars.

Lutte aux violences sexuelles : Sherbrooke a «le désir et la compétence»

Prévention et sensibilisation, gestion des plaintes et accompagnement des victimes, sécurité des gens. Voilà les grands thèmes sur lesquels se sont penchés les nombreux participants à la journée de réflexion ayant pour objectif de prévenir les violences sexuelles sur les campus. La réflexion s'est faite à l'Université de Sherbrooke dans le cadre d'une tournée régionale de consultation initiée par la ministre de l'Enseignement supérieur, Hélène David.
Éclairage des lieux à risque. Formation de première ligne. Mise sur pied de comité d'intervention rapide accessible 24 h par jour, sept jours par semaine. Inclusion de la politique de tolérance zéro dans le plan de cours au même titre que la politique liée au plagiat. Verrouillage des classes et cubicules non utilisés lors d'activités sociales tel qu'un 5 à 7. Augmentation du nombre de femmes intervenantes. Sondages récurrents. Plusieurs suggestions concrètes ont été faites par les communautés collégiales et universitaires en vue de l'élaboration de la politique et la loi-cadre pour prévenir les violences sexuelles sur les campus.
L'importance de publiciser la politique lorsqu'elle sera adoptée, de s'assurer qu'elle soit bien appliquée et comprise par tous les membres de la communauté et d'identifier des personnes responsables de la politique sur chacun des campus a été soulignée.
« Je suis extrêmement satisfaite de ma journée, a noté la ministre David. Je suis impressionnée. Je sens un désir et une compétence pour améliorer la situation. J'ai aussi entendu le nécessité d'investir des fonds pour le faire. »
Le soutien aux victimes à long terme a été jugé primordial tout comme l'augmentation des options de dévoilement.
« Les gens se sont vraiment beaucoup mobilisés. On a parlé intelligemment. Avec une intelligence cognitive et émotive. Il y avait beaucoup d'experts » a souligné Mme David.
L'importance des témoins actifs a été mentionnée et l'accompagnement des agresseurs également.
« On a aussi parlé des outils de sensibilisation, mais pas des outils comme on utilisait il y a 20 ans. On parle d'outils qui passent par internet ou des affiches comme celles de la campagne de sensibilisation Ni viande ni objets. On a aussi parlé de cartes de consentement à distribuer aux gens trop insistants. Il faut aussi faire en sorte que la victime ne se retrouve pas dans la même classe que son agresseur, une situation qui pourrait mener à l'abandon de ce cours ou un échec scolaire », a déclaré la ministre de l'Enseignement supérieur qui avait déjà annoncé cet automne le lancement des cinq journées de réflexion à travers la province, qui doivent s'étirer jusqu'en mars.
La tournée avait commencé à Saguenay. Après son arrêt à Sherbrooke, elle se poursuivra à Québec, Gatineau et Montréal.