Madeleine Fortier a lancé son deuxième livre Usure par compassion : jusqu’où aller sans se brûler?, mardi, à la Salle Bellevue.

L’usure de compassion

Les proches aidants, bénévoles et intervenants qui agissent auprès des personnes malades, handicapées ou moins chanceuses doivent s’occuper d’eux-mêmes.

C’est ce que conseille Madeleine Fortier dans son nouveau livre intitulé Usure de compassion : jusqu’où aller sans se brûler ?, s’adresse aux gens qui, de manière professionnelle ou personnelle, s’occupent des autres.

En 2003, Mme Fortier a pris soin de son mari qui était atteint d’un cancer. « J’étais proche aidante sans le savoir, confie-t-elle. J’ai ensuite travaillé dans un organisme en employabilité et j’ai eu des symptômes étranges. À ce moment, j’étais en train de faire un diplôme d’études supérieures en santé mentale et j’ai découvert l’usure de compassion. J’ai su ce que j’étais en train de vivre. »

« En 2012, quand j’ai regardé autour de moi, je trouvais qu’on ne parlait pas beaucoup de l’usure de compassion, poursuit Mme Fortier. Je me suis dit qu’il fallait en parler, qu’il fallait sensibiliser dans un premier temps. J’ai donc créé des formations et des conférences adaptées. Je les donne depuis 2014. Je leur fais faire des travaux sur place sur leur demande de réfléchir en équipe sur les symptômes et les façons de se protéger. Ça donne de belles richesses. Je me suis dit que ce serait une bonne chose de le partager avec le plus de gens possible. »

Selon celle qui est native de Saint-Isidore-de-Clifton, les professionnels peuvent aussi subir les contrecoups de l’usure de compassion. « Les professionnels, eux, peuvent avoir le syndrome du sauveur. Ils se donnent trop ou ils vont trop loin. Plusieurs choses peuvent arriver. Il faut vraiment faire attention », assure-t-elle.

Symptômes 

Quels sont les symptômes de l’usure de compassion ? « Ça peut s’apparenter à la dépression ou à l’épuisement professionnel. Par contre, ce n’est pas relié à la même chose. L’usure de compassion va venir toucher les gens qui aident les autres. On appelle parfois ça le burn-out de l’aidant », explique l’auteure.

« Je ne m’attends pas à ce que l’usure de compassion soit un diagnostic médical, continue Mme Fortier. Je pense que dans ce cas, c’est important que les gens en prennent conscience eux-mêmes et qu’ils s’organisent en conséquence. Parfois, on est rendus tellement loin qu’on est obligé de prendre des antidépresseurs. Cependant, des psychologues en parlent. »

Des conseils pratiques pour les proches aidants, bénévoles et intervenants sont proposés dans l’ouvrage de Mme Fortier. « Mon livre est comme un guide pratique. J’ai mis des exercices pour que les gens s’approprient la théorie et puissent la mettre en pratique dans leur milieu », précise-t-elle.

Usure de compassion : jusqu’où aller sans se brûler ? est le deuxième ouvrage de Mme Fortier. Celui-ci sera vendu dans les librairies au prix de 19,95 $.