La maire de Sherbrooke, Steve Lussier au conseil municipal.

Lussier se dit pour la liberté d’expression

Le maire Steve Lussier réfute les allégations d’intimidation de son collègue Pierre Tremblay. Se disant en faveur de la liberté d’expression, il reproche à M. Tremblay de s’être exprimé à titre de président du comité du sport et du plein air, dans le dossier du Centre de foires, alors que les autres membres du comité n’avaient pas encore pris connaissance de sa proposition.

« Nous en avons parlé en huis clos. Il faut comprendre que je ne suis pas contre le principe de sa demande. Par contre, ça doit passer par le comité dont il était président. J’aurais préféré que ça passe par le comité parce qu’il y a quand même des intéressés, dont le club de gymnastique et les membres du comité, qui n’étaient pas informés. Ça reste que le fond est une idée qu’il voulait apporter et que je vais garder. Nous interpellerons les services à ce sujet-là », résume M. Lussier.

Le maire a refusé de dire s’il avait demandé à M. Tremblay de reconsidérer sa décision. Il n’a pas non plus annoncé publiquement la nomination de Vincent Boutin à titre de président par intérim avant la séance de questions avec les journalistes à la fin du conseil municipal.

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« Il n’y a pas eu d’intimidation. Je travaille avec les services administratifs. Lorsqu’on est conseiller et qu’on lance une idée, c’est une chose. C’est parfait de le faire. Si on signe en bas de la feuille, président ou présidente d’un comité, il faut que le comité ait été informé en amont. C’est son choix d’avoir démissionné du comité du sport. Ce n’est pas mon choix. La liberté d’expression est très importante pour moi. »

Cri du cœur

Annie Godbout a pour sa part relevé l’essentiel du message de M. Tremblay : « Il faut surtout retenir le cri du cœur pour trouver un espace pour les sports de gymnase. C’est un enjeu important pour les sportifs. »

Statistiques à l’appui, celle qui occupe la présidence de Destination Sherbrooke démontre néanmoins qu’il pourrait être difficile d’accueillir des clubs sportifs dans le Centre de foires. « En 2018, nous comptons 224 jours d’occupation à l’intérieur du bâtiment. Pour 2019, ce seront 245 jours d’occupation. La plupart des événements se tiennent la fin de semaine, au même moment où se tiennent souvent les pratiques des jeunes athlètes. Si nous continuons d’étudier l’option de la cohabitation, nous trouverons là un défi. »

Mme Godbout rappelle aussi que le Centre de foires a été construit grâce à une aide financière gouvernementale conditionnelle à ce que l’édifice conserve ses usages et que la Ville en demeure propriétaire jusqu’au 31 décembre 2022.

Pierre Avard a déploré la façon dont les choses se sont déroulées. « Nous avons été élus pour faire écho de la voix des citoyens. Pour moi, Pierre Tremblay n’a pas commis de faute. Il a fait preuve de leadership. Quand on est dans un comité, de lancer des idées, ça fait partie de notre rôle. Ce qu’on a essayé de faire, c’était de le museler. Nous avons des banderoles pour dénoncer des pays qui ne laissent pas les gens parler. Nous ne devrions pas copier ce qui se fait dans d’autres pays. »

Le conseiller Paul Gingues s’est dit derrière Pierre Tremblay. « Je sais que tu veux qu’on gagne, qu’on joue en équipe. Ta sortie dans les journaux, c’était du Pierre Tremblay et je suis derrière toi à 100 %. »