La pandémie de COVID-19 a mis un frein aux ambitions du conseil municipal de réduire le nombre de comités à la Ville de Sherbrooke.
La pandémie de COVID-19 a mis un frein aux ambitions du conseil municipal de réduire le nombre de comités à la Ville de Sherbrooke.

Lussier critiqué pour sa gestion du nombre de comités municipaux

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
La réduction du nombre de comités municipaux devait être un des chantiers des élus sherbrookois avant l’élection de 2021. La réflexion entamée sous la précédente administration avait débouché sur un rapport de l’ex-conseiller Bernard Tanguay, qui dénombrait près de 80 comités à la Ville de Sherbrooke. Mardi, le maire Steve Lussier a annoncé que la réduction attendue n’interviendrait pas avant l’élection, ce qui lui a valu un lot de critiques de ses collègues.

M. Lussier a par la suite ouvert la porte à certains travaux au cours des prochains mois.

« Certaines discussions ont été faites et non finalisées. Il restait des discussions à y avoir. La COVID est arrivée et a bouleversé nos priorités. À un an des élections, le dossier ne pourra pas être complété tel que vu dans son entièreté », a-t-il annoncé alors qu’Annie Godbout hérite de la coprésidence du comité de développement économique, que Rémi Demers est nommé à la tête du comité relations citoyennes et que Jennifer Garfat se joint au comité de toponymie.

Paul Gingues a formulé un malaise devant le comité relations citoyennes. « À la suite du rapport Tanguay, nous devions revoir la charge et les responsabilités de chaque comité afin d’être plus équitables entre tous les membres du conseil. Ces discussions n’ont jamais eu lieu. »

Évelyne Beaudin, bien que favorable aux nominations de mardi, se disait inconfortable avec la forme du comité présidé par M. Demers.

« Je suis déçue qu’on enterre pour de bon l’idée de réformer les comités. C’est un dossier qui relève de la mairie. Le travail devait être fait par le conseil précédent. Il l’a pelleté dans notre cour et on s’apprête à le pelleter à nouveau vers le prochain conseil. On dirait qu’on crée des comités juste pour donner bonne impression ou parce qu’on n’a pas de vision de comment organiser notre travail efficacement. Aucun de ces nouveaux comités n’a déposé de procès-verbal au conseil municipal. »

Mme Beaudin dénonce du même coup la confusion entre le politique et l’administratif, alors que selon elle, des élus et des fonctionnaires siègent à une même table avec des rôles identiques.

Une mission pour ceux qui partiront

Vincent Boutin propose que des élus qui en sont à leur dernier mandat avancent dans la réflexion « pour que le prochain conseil n’arrive pas devant une page blanche ». 

Comprenant le contexte de la COVID-19, M. Boutin nourrit quand même l’impression d’une réflexion non aboutie. « Ça me laisse sur mon appétit qu’on ne puisse pas terminer cette réflexion. »

Marc Denault a saisi la balle au bond et suggéré de confier la mission entre autres à Rémi Demers, qu’il présumait être à son dernier mandat. M. Demers a rétorqué être en réflexion sur son avenir politique, mais se donner jusqu’à Noël pour prendre une décision. 

Pierre Tremblay a probablement été le plus dur avec le maire Lussier, l’accusant de manquer de leadership. « J’ai souvent remis en doute le leadership de notre maire. Je le vois là abandonner, baisser les bras. Aujourd’hui, on voit notre maire qui sort le drapeau blanc sans même qu’on ait été consultés, sans nous demander ce qu’on souhaite faire. C’est fort désagréable. »

Annie Godbout s’était opposée à une réforme des comités dans le conseil précédent pour laisser la nouvelle administration prendre ses propres décisions. « Je trouvais que c’était un dossier qui relevait de la mairie. Force est de constater qu’on n’a pas eu de planification stratégique. Il faut qu’on arrive à un minimum de réflexion d’ici la fin du mandat. »

Une bonne décision

Les membres du comité exécutif ont défendu le report des décisions concernant les comités. Chantal L’Espérance estime que ce ne sont pas des discussions qui doivent se tenir à distance parce que le dossier est trop complexe. « Je suis ouverte à ce qu’on en discute pour savoir s’il y a des aménagements qu’on peut faire pour alléger les choses d’ici la fin du mandat. »

Danielle Berthold croit que la formation des comités relève d’un maire ou d’une mairesse. « Oui, on peut se donner une orientation, mais les comités vont en fonction de la planification stratégique. Notre planification stratégique a mis beaucoup de temps à aboutir. On a eu une orientation il y a environ un mois ou deux. Ce serait difficile de changer les comités, de rapatrier les citoyens qui en font partie et de leur expliquer une nouvelle façon de fonctionner. C’est malheureux, mais responsable de ne pas le faire maintenant. »

Nicole Bergeron rappelle que la COVID-19 a tout chambardé. « Elle a fait que nos priorités ont royalement changé. Et oui on se retrouve aujourd’hui qu’on n’a pas pu aboutir ce travail. Ce n’est pas par manque de leadership ou de volonté. »

Steve Lussier estime dans le même sens que ses collègues oublient que les priorités ont changé avec la COVID-19. « On a fermé le Québec. Il fallait s’attaquer à la relance économique. On a pris un leadership différent. J’en ai discuté avec M. Tanguay et il comprend. J’ai entendu le message de mes collègues. Si les élus sont prêts à mettre les heures de travail pour revoir les comités qui sont uniquement composés d’élus, on le fera. Mais réformer les comités où siègent les citoyens serait trop complexe. »