«En passant de 19 à 14 élus, il y avait des choix à faire. Les conseillers ne peuvent pas être partout», soutient le maire de Sherbrooke Steve Lussier.

Lussier abolit le comité de toponymie

Steve Lussier a décidé d’abolir le comité de toponymie de la Ville de Sherbrooke. Le nouveau maire cite le faible nombre de demandes pour le comité et la réduction du nombre d’élus pour expliquer sa décision.

« En passant de 19 à 14 élus, il y avait des choix à faire, explique M. Lussier en entrevue avec La Tribune. Les conseillers ne peuvent pas être partout. L’abolition ne représente aucune économie monétaire, mais c’est en charge de travail qu’on est gagnants. »

M. Lussier confirme que les demandes concernant la toponymie seront gérées à la pièce par le comité d’urbanisme.

La mission du comité de toponymie était d’évaluer les propositions de désignation et de faire des recommandations au conseil municipal. Le comité doit s’assurer que les toponymes reflètent les aspirations de la population en rappelant l’histoire et le milieu naturel de la ville.

M. Lussier ne ferme toutefois pas la porte définitivement au comité.

« Si un jour la demande s’accroît et qu’on ressent le besoin de reformer le comité, on va le refaire sans hésiter, lance-t-il. On est là pour servir les citoyens, ils paient pour ça. »

Une demande a d’ailleurs déjà été faite au conseil municipal par le citoyen Pascal Cyr pour que le carrefour Papineau, King et Murray soit nommé « place Roger-Fortier ».

Une « marque indélébile » sur la Ville

La décision d’abolir le comité a été mal reçue par son ancienne présidente Hélène Dauphinais.

« Je suis très déçue, souligne-t-elle. Je crois que de l’abolir est de ne pas reconnaître le travail important qui était fait. On travaillait avec très peu de ressources et notre travail laissait une marque indélébile sur la ville de Sherbrooke. »


Steve Lussier

Mme Dauphinais confirme que le comité se rencontrait tous les deux mois pendant environ trois heures.

« Les rencontres étaient bien remplies, on devait même reporter des dossiers. »

Elle doute également que le comité d’urbanisme puisse reprendre là ou le comité de toponymie a laissé.

« Ce n’est vraiment pas les mêmes compétences qui sont demandées entre l’urbanisme et la toponymie, mentionne-t-elle. Nous avions un devoir de mémoire. On cherchait à honorer autant de femmes que d’hommes et on avait plusieurs noms en banque. Je ne suis pas certaine que le comité d’urbanisme aura la sensibilité ou les compétences pour le faire. »

« J’aurais aimé voir le nouveau maire regrouper les comités économiques comme Commerce Sherbrooke, Sherbrooke Innopole et Destination Sherbrooke avant d’abolir le comité toponymie », poursuit celle qui a représenté les citoyens du district du Pin-Solitaire de 2013 à 2017.

L’abolition du comité toponymie désole, mais ne surprend pas Gérard Côté, qui s’y impliquait bénévolement depuis 25 ans.

« L’importance de la toponymie pour la Ville avait beaucoup diminué pendant le dernier mandat, explique-t-il. Certaines personnes responsables des dossiers ont pris leur retraite et n’ont jamais été remplacées. »

« À ma connaissance, Sherbrooke est la seule ville au Canada où tous les noms de rues comportent une notice historique, ajoute-t-il. Et si par demande on entend les demandes des citoyens pour changer le nom d’une rue ou d’un parc, je suis d’accord qu’il y en avait peu. Mais ne serait-ce que pour la diffusion et l’explication des noms des nouvelles rues, je crois que le comité était utile pour les citoyens. »

Hélène Dauphinais