Sherbrooke a maintenant son université populaire, l’UPOPS. Une première session est prévue du 2 au 30 mai. Ci-dessus, les instigatrices et les participantes au projet : Émilie Fontaine du Boq, Vanessa Cournoyer-Cyr, membre du comité organisateur, Karine Prémont, professeure à l’UdeS et à l’UPOPS, Sondès Allal, initiatrice du projet, Sonia Bolduc, membre du comité organisateur, et Véronique Grenier, professeure de philosophie au Cégep de Sherbrooke.

L’Université populaire de Sherbrooke : comme à l’école bière à la main

Aller à l’école… sur les bancs d’un bar ou d’un café, sans devoirs ni travaux. Juste pour le plaisir d’apprendre. L’image a tout pour plaire. C’est ce que propose l’Université populaire de Sherbrooke (UPOPS), tout le mois de mai à Sherbrooke.

Le concept d’université populaire est répandu un peu partout sur la planète.

Quand Sondès Allal, agente de revitalisation socio-économique à la Corporation de développement économique communautaire de Sherbrooke (CDEC), est tombée un peu par hasard sur un cours qui se donnait dans les bars de Montréal, elle a adoré l’idée.  

« Après, en réfléchissant, je me suis dit qu’on a deux universités, trois cégeps, pourquoi on ne ferait pas ça à Sherbrooke? Mais c’était vraiment gros comme organisation et je ne me voyais pas faire ça toute seule. » Elle a aussi constaté en menant des recherches que l’université populaire existe en Tunisie, son pays d’origine.

« Il y en a partout dans le monde, c’est un mouvement international, qui a vécu différents succès à différentes périodes. »

Sonia Bolduc, journaliste à La Tribune, et Vanessa Cournoyer Cyr, chargée de projet, ont suivi la citoyenne engagée.

« Le potentiel est immense. C’est vraiment sur mesure pour Sherbrooke », estime Vanessa.  

« Notre objectif, c’est de créer un espace de rencontre réel. On est souvent dans l’hyperconnecté… Ce qui fait qu’on est déconnecté du vrai finalement… », note Vanessa, en ajoutant que les participants créeront du savoir.

« On veut créer une intelligence collective, tout le monde ensemble, faire émerger la connaissance à partir de ce que tout le monde peut apporter… »  

« On va faire des collaborations avec les organismes communautaires, dépendamment des thématiques », explique aussi Sondès Allal.

« On va aller voir les maisons de jeunes, le Carrefour Jeunesse emploi, les personnes aînées… On va essayer de cibler selon les thématiques des organismes pour qu’il y ait une certaine proportion de mixité sociale assurée. »

Au programme

Les cours, sous forme de « 5 à 7 », comprennent entre une et trois séances. Ils sont gratuits et présentés au Boq, au Kaapeh et au Tapageur du 2 au 30 mai. Aucune inscription n’est requise.

La programmation de cette première session propose un cours de politique américaine « au-delà de Trump » par Karine Prémont, spécialiste des États-Unis de l’UdeS, un regard en trois temps sur les Premières Nations offert par Jean-François Létourneau, professeur au Cégep de Sherbrooke, une séance sur la gestion de crise menée par Louis Côté, professeur en administration retraité de l’UdeS, de la philosophie vulgarisée par Véronique Grenier, professeure de philosophie au Cégep de Sherbrooke, et un volet sur les droits des consommateurs de Marie-Claude Desjardins de l’UdeS.

Tous ces professeurs ont accepté de participer bénévolement.

« J’aime toujours parler aux gens qui ne sont pas à l’université. Souvent, je donne des conférences à la bibliothèque Éva-Senécal; je trouve ça super le fun de rencontrer des gens qui ne fréquentent pas l’université », raconte Karine Prémont.  

« À l’époque actuelle, Trump fascine, intrigue à peu près tout le monde, alors je pense que c’est un bon moment pour rappeler aux gens comment fonctionne le système américain. On a toujours très peur de ce que Trump peut faire, mais on oublie le pouvoir du congrès, de la Cour suprême, des citoyens. C’est une bonne façon de rappeler aux gens comment ça fonctionne, quels sont les contre-pouvoirs… »

À l’heure des fausses nouvelles, l’UPOPS veut aussi développer l’esprit critique des citoyens.

« C’est trop facile derrière l’anonymat d’internet d’insulter et de faire avorter la réflexion. Quand tu te mets à rendre ça personnel, la réflexion, elle meurt toute seule. Quand on fait rencontrer les gens, ils n’ont pas le choix d’assumer leurs propos », renchérit Sondès Allal.

« Notre rêve, ce serait que le monde reste après le cours et continue d’en parler, et que des projets émergent… Que les gens partent dans un trip collectif, d’essayer d’avoir un impact. On a demandé aux profs de faire des suggestions de lecture ou d’action. » La session d’automne est en cours d’élaboration avec de nouveaux cours, d’autres profs et un ajout de lieux.

Pour en savoir plus sur la programmation : www.upopsherbrooke.com