Colette Roy Laroche, ex-mairesse de Lac-Mégantic, Bernard Sévigny, président de l'UMQ et maire de Sherbrooke, de Nathalie Simon, présidente du Comité Femmes et gouvernance locale de l'UMQ et mairesse de Châteauguay, ont participé au lancement de la campagne « Ça prend des femmes comme vous! » pour inciter les femmes à se lancer en politique municipale.

L'UMQ encourage les femmes à se présenter en politique municipale

Les femmes sont encore moins nombreuses que les hommes dans les conseils municipaux québécois, principalement parce qu'elles sont moins nombreuses à poser leur candidature. Pour remédier à la situation, l'Union des municipalités du Québec (UMQ) a lancé mardi une tournée de conférences sur le thème « Ça prend des femmes comme vous! ». Elle cherche ainsi à démystifier le rôle des élus municipaux dans l'espoir de voir plus de femmes sur les rangs lors de l'élection du 5 novembre.
Des ambassadrices comme l'ex-mairesse de Lac-Mégantic, Colette Roy-Laroche, ou l'ex-mairesse de Drummondville, Francine Ruest-Jutras, offriront des conférences pour parler de leur expérience. Mme Roy-Laroche se trouvait d'ailleurs à Sherbrooke mardi à cet effet.
« J'ai toujours, au cours de ma carrière en éducation, lutté pour l'égalité homme-femme. Je recule jusqu'en 1960, à travers mes expériences d'enseignante, de directrice générale, je raconte comment la place des femmes a évolué. J'ai constaté au cours des derniers mois que la place des femmes dans les lieux de pouvoir était un peu en recul et j'ai accepté d'apporter mon humble contribution pour inviter les femmes à poser leur candidature », raconte Mme Roy-Laroche.
« Évidemment il y a des obstacles. Le premier, c'est la difficile conciliation famille-travail, même si aujourd'hui les conjoints participent davantage aux tâches familiales. Il reste que les femmes se sentent encore les premières responsables de la maisonnée. Je veux leur dire que c'est possible, mais en même temps il faut des conditions facilitantes pour y arriver. »
La parité en 2045
Le maire de Sherbrooke Bernard Sévigny, également président de l'UMQ, constate qu'il y a encore des efforts à faire pour atteindre la parité. « Il y a des chiffres encourageants, mais qui nous commandent d'agir. En 2005, les femmes représentaient 24,8 % des élus. En 2013, elles représentaient 29,9 %. À ce rythme-là, nous atteindrons la parité en 2045. Mais un fait intéressant, c'est que les électeurs ne font pas de discrimination à l'égard du sexe des candidats. Si la moitié des candidats étaient des femmes, il y aurait probablement la moitié des élus qui seraient des femmes. »
En ce sens, Bernard Sévigny visera à ce que son parti, le Renouveau sherbrookois, présente sept hommes et sept femmes pour les postes des conseillers en novembre prochain. « Nous avons cette préoccupation. C'est différent d'attirer des femmes, parce que certaines d'entres elles sont jeunes, ont de jeunes enfants et il y a toujours un questionnement à savoir si elles auront le temps. Il y a différentes façons de jouer ce rôle pour le rendre compatible avec l'emploi du temps. Il faut vraiment démystifier ce rôle et accommoder les candidats pour qu'ils puissent jouer pleinement leur rôle. »
M. Sévigny souligne que le fait d'avoir huit femmes autour de la table du conseil à Sherbrooke permet de soulever des sensibilités qu'on ne retrouverait pas si tous les élus étaient des hommes.
Nathalie Simon, mairesse de Châteauguay et présidente du Comité Femmes et gouvernance locale de l'UMQ explique que des capsules seront diffusées sur le web pour donner des exemples positifs de l'engagement politique féminin. Les ambassadrices, qui comptent aussi les ex-mairesses de New Richmond, Nicole Appleby, et de Lévis, Danielle Roy-Marinelli, l'ex-conseillère de Châteauguay, Esther Salomon, et la mairesse de Sainte-Julie, Suzanne Roy, feront aussi une tournée du Québec.
« Pendant longtemps, la politique a été un monde masculin. La vie municipale a beaucoup changé. Nous avons quelque chose à amener pour que ce soit agréable de vivre dans notre communauté en tenant compte de l'équilibre des deux genres. »
Au Québec, les femmes ne représentent que 17 % des élues à la mairie. Jusqu'à l'élection de Caroline St-Hillaire à Longueuil en 2009, aucune femme ne dirigeait la destinée d'une ville de plus de 100 000 habitants au Québec.