Patrice Cordeau, adjoint au vice-rectorat à l’administration et au développement durable et Denyse Rémillard, vice-rectrice à l’administration et au développement durable. Pour chaque interaction avec le mot-clic #vertUdeS sur Facebook, Instagram et Twitter d’ici le 25 novembre 2018, l’UdeS versera 0,25 $ à la création d’un nouveau Fonds pour le soutien des projets de développement durable (FSPDD).

L'UdeS veut inciter ses employés à prendre le transport en commun

SHERBROOKE — L’Université de Sherbrooke s’apprête à lancer un programme incitatif au transport en commun pour ses employés afin de réduire la pression sur ses stationnements. Malgré toutes les initiatives mises en place au fil des ans, la voiture occupe toujours une grande place sur les campus de l’institution. « On n’est pas sans savoir qu’il y a une pression et une tension... Ce qu’on veut envoyer comme message, c’est qu’on s’en occupe », lance Denyse Rémillard, vice-rectrice à l’administration et au développement durable de l’UdeS.

L’initiative, dont quelques détails restent à être attachés, doit être lancée d’ici les Fêtes. 

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Différents scénarios pourraient être proposés aux employés, comme une formule combinant transport en commun et actif ou encore l’accès au transport en commun étalé sur 10 mois. 

Le programme, qui inclura la collaboration de la Société de transport de Sherbrooke (STS), reposera sur un incitatif financier comme un crédit.

Le nouveau projet de l’institution sera toutefois différent du programme de libre accès offert aux étudiants, lancé en 2004. 

Depuis 2010, l’UdeS demande une contribution à ses étudiants pour ce service, qui est de 32,54 $ par trimestre. Ce programme coûte environ 2 M$ annuellement à l’établissement. L’entente vient à échéance en 2019 et un comité tente de voir comment elle pourrait être améliorée.

« On voudrait avoir un système équivalent aux étudiants, mais on ne peut pas arriver avec un programme universel (pour les employés). Avec le programme de libre accès, tous les étudiants collaborent à un système dont tout le monde bénéficie. On ne peut pas faire ça avec les employés parce que c’est un avantage imposable au fédéral. On ne peut donc pas dire que tout le monde cotise mais qu’il n’en a pas nécessairement besoin... On regarde davantage un système où c’est une participation volontaire », explique Patrice Cordeau, adjoint au vice-rectorat à l’administration et au développement durable. 

Station de vélos

Il s’agit de l’une des nombreuses mesures contenues dans la Stratégie de mobilité durable 2018-2022 de l’établissement, déployée récemment. Un programme de transport en commun pour le personnel est déjà en place, mais son utilisation demeure limitée.

L’UdeS inaugurera prochainement une première station de vélos de 40 places, qui permettra aux gens de laisser leur vélo en toute sécurité. Ce premier abri servira de projet-pilote. L’UdeS verra si les cyclistes l’utilisent pendant la saison hivernale.

Ceux et celles qui fréquentent le campus verront aussi apparaître une traverse piétonnière sur le chemin Sainte-Catherine, qui permettra de faire circuler de façon plus sécuritaire les gens qui se stationnent de l’autre côté de ce chemin. Certaines problématiques de sécurité avaient été soulevées. 

L’UdeS emploie environ 7000 personnes. Si l’on inclut les quelque 11 000 étudiants de l’Université du troisième âge (UTA), elle accueille plus de 42 000 étudiants. 

La voiture règne toujours

uffit de fréquenter le campus de l’UdeS pour s’en rendre compte : dénicher une place pour garer l’auto est parfois loin d’être évident. La Tribune a entendu plusieurs commentaires à ce sujet au cours des dernières semaines.

C’est aussi le cas du Syndicat des professeures et des professeurs de l’UdeS (SPPUS). 

« On a reçu un bon nombre de plaintes relativement au stationnement, et ce, pour plusieurs raisons », commente Pierre Binette, vice-président de l’instance syndicale qui représente plus de 400 membres. 

« Sherbrooke ne sera jamais Montréal au niveau de l’efficacité des transports en commun. Beaucoup de gens demeurent en périphérie de l’UdeS », dit-il en donnant l’exemple d’employés demeurant à Bromont parce que le conjoint ou la conjointe travaille à Montréal. 

Le vice-président du SPPUS demeure dans le secteur de Brompton... et venir au campus principal en autobus peut prendre entre 1 h et 1 h 30. Se rendre à l’arrêt d’autobus à pied prend facilement une demi-heure, raconte-t-il. « On a des conditions qui font que la voiture devient pratiquement essentielle compte tenu de l’efficacité du transport en commun. C’est sans compter que professeurs et étudiants, on n’est pas dans le 9 à 17 h. Le fait d’avoir des heures irrégulières rend la situation plus difficile. » 

Autre élément qui suscite la grogne, relève M. Binette : des employés vont payer 655 $ pour une vignette verte afin de pouvoir se stationner près des facultés. Or, lors de la tenue de certains événements, comme la collation des grades ou lors d’événement de recrutement d’étudiants et de stagiaires, des sections complètes de stationnements sont fermées. 

« Cocktail de transports »

Est-ce qu’une partie de la solution pour l’UdeS réside par une meilleure offre de la Société de transport de Sherbrooke (STS)? 

« C’est sûr que si on peut faire une comparaison entre notre campus de Sherbrooke et de Longueuil, où l’usage des services de transport en commun est beaucoup plus grand, ça passe certainement par des services qui sont plus accessibles », répond la vice-rectrice à l’administration et au développement durable de l’UdeS, Denyse Rémillard.  

Selon Patrice Cordeau, adjoint au vice-rectorat à l’administration et au développement durable, la problématique — qui déborde les frontières des campus de l’UdeS — est regardée de façon plus globale.

« On arrive avec une vision régionale. Le Centre de mobilité durable (CMDS) a une belle ouverture pour essayer de régler les problèmes, pas juste près de l’Université, mais au chapitre de la région. Les stationnements incitatifs, c’est l’une des solutions que l’on est en train de regarder avec nos partenaires. Ce serait intéressant d’avoir un stationnement à l’extérieur de la ville avec un système de navette. On a déjà un système de navette qui relie les campus, on travaille à augmenter cette efficacité-là, dans lequel on pourrait ajouter un stationnement incitatif », indique-t-il.    

L’UdeS a fait un important virage, en 2009, en remettant à l’avant-plan la verdure sur le campus principal et en fermant du même coup quelque 150 cases de stationnement. 

L’institution aurait-elle dû s’y prendre autrement compte tenu des problématiques que l’on connaît aujourd’hui? La mise en place du programme de libre accès au transport en commun avait permis d’obtenir d’excellents résultats et de récupérer des places de stationnement, rappelle Patrice Cordeau. L’UdeS a aussi connu une légère hausse de ses effectifs. Si la voiture reprend un peu trop de place en ce moment, Patrice Cordeau et Denyse Rémillard estiment que l’UdeS va y arriver en misant sur un « cocktail de transports ». « Collectivement, on a une responsabilité de trouver des façons de se déplacer », souligne Mme Rémillard.