Joé Juneau, à droite, a reçu son doctorat honorifique des mains de Pierre Cossette, recteur de l'Université de Sherbrooke.

L'UdeS salue l'oeuvre de Joé Juneau

Pour son implication avec les jeunes du Nunavik, Joé Juneau a reçu un doctorat honorifique samedi dans le cadre de la collation des grades de l'Université de Sherbrooke.
Joé Juneau a créé en 2006 le programme de développement des jeunes du Nunavik, qui encourage les jeunes inuits à poursuivre leurs études et à rester en santé par la pratique gratuite du hockey sur glace. Jusqu'ici, ce sont 1000 Inuits qui bénéficient du programme et quelques dizaines d'autres qui s'engagent à leur tour comme tuteurs et entraîneurs dans les 14 villages du Nunavik.
« C'est un grand honneur, mais cet honneur retombe également sur les gens qui m'ont aidé à en arriver où j'en suis dans la vie. C'est moi qui reçois le prix, mais je représente beaucoup de gens. Ce n'est pas rien. »
Une lettre émouvante
Peu avant d'être honoré sur la scène, Joé Juneau s'est vu remettre une copie du roman jeunesse Sueurs froides, écrit par Michèle Plomer et Anne Brigitte Renaud, un duo d'auteures des Cantons-de-l'Est et diplômées de l'Université de Sherbrooke. Elles ont été inspirées par l'oeuvre de Joé Juneau.
« C'est très touchant. Ce livre peut créer de belles choses en essayant de faire connaître cette culture-là et la force des jeunes avec lesquels on a travaillé. Ça peut être magnifique comme outil. »
Le roman a été mis au programme pour les étudiants du baccalauréat en enseignement au préscolaire et au primaire de l'UdeS à l'hiver 2016 et 2017.
Joé Juneau a également commenté la situation de son programme au Nunavik qui s'est vu amputé de 900 000 $ en février dernier.
« On a travaillé pendant plus de 10 ans avec les jeunes et j'ai confiance que ces jeunes occuperont éventuellement des postes décisionnels importants dans les communautés. En ayant grandi dans cette structure-là, je pense qu'ils ou elles vont pouvoir le redonner. On a formé des dizaines et des dizaines de merveilleux jeunes leaders. »
Joé Juneau assure que les résultats d'une nouvelle étude concernant l'impact de son programme dans le Nord seront bientôt dévoilés.
Juneau, bachelier en génie aéronautique, se concentre maintenant principalement au développement d'un programme de hockey-école dans sa région natale de Portneuf.
Une cérémonie spectaculaire
C'était jour de remise de diplôme samedi à l'Université de Sherbrooke à l'occasion de la collation des grades 2017. Environ 12 000 personnes ont rempli les gradins du stade.
L'UdeS est l'une des seules institutions d'éducation en Amérique du Nord à tenir une cérémonie à aussi grande échelle.
« J'en avais entendu parler, mais c'est vraiment impressionnant, souligne une mère sur place pour célébrer la fin de la maîtrise en marketing de sa fille. Ça aurait été terrible qu'il pleuve. Je pense que cette cérémonie démontre l'importance des diplômés pour l'Université. De souligner de façon aussi grandiose les efforts faits par les étudiants, c'est vraiment bien. »
« C'est vraiment spectaculaire. C'est la première fois que j'assiste à cela et c'est vraiment le fun. Il y a une belle ambiance. C'est le fun pour les étudiants qui graduent », explique Vincent-Samuel Cabana qui est venu de Joliette pour voir sa copine, qui a terminé son doctorat en psychologie organisationnelle.
Ce sont 2776 des 4579 diplômés qui ont répondu présents. Ce chiffre correspond à 61 % des personnes invitées.
Ce pourcentage est en hausse constante depuis quelques années, selon le recteur de l'établissement. Au total, 2763 étudiants du premier cycle ont été diplômés, 1601 au deuxième cycle et 215 au troisième cycle.
Le nouveau recteur de l'Université, Pierre Cossette, célébrait sa première collation des grades.
« Pour nous, c'est un investissement et c'est très important d'avoir cette reconnaissance-là envers les étudiants, mentionne-t-il. Ça vaut la peine de célébrer et on en est très fier. »
« Ce n'est pas plus cher que d'organiser des cérémonies dans chacune des facultés, note-t-il. Le seul moyen qui serait moins cher serait d'envoyer nos diplômes par la poste et ça ne nous intéresse pas. C'est important pour les diplômés de pouvoir fêter entre eux et avec leurs proches surtout. »
Les étudiants David Provencher, Bruno Émond, Cathrine Houle et Jude Deschamps ont chacun reçu une médaille du Gouverneur général du Canada. La professeure en médecine et science de la santé Cécile Michaud a quant à elle reçu le titre de professeure émérite. Dean Kamen, André Joyal, Joé Juneau, Claude Lessard et le récipiendaire d'un prix Nobel en 2009 Jack W. Szostak ont reçu un doctorat honorifique de la part de l'Université.