L’Université de Sherbrooke revoit son système de notation pour la session d’hiver actuelle.
L’Université de Sherbrooke revoit son système de notation pour la session d’hiver actuelle.

L’UdeS revoit son barème de notation pour la fin de la session

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
Alors qu’on lui reprochait d’être à la traîne des autres universités, l’Université de Sherbrooke revoit son système de notation pour la session d’hiver actuelle.

En dépit d’une pétition demandant la suspension de la session d’hiver dans les cégeps et universités de la province, l’institution ne suspend toutefois pas le trimestre.

Les mesures dévoilées vendredi s’appliquent aux cours qui n’étaient pas terminés au 13 mars et qui doivent se poursuivre jusqu’à la fin de la session. 

Les étudiants pourront se prévaloir d’un choix de barème de notation qui n’aura pas d’effet négatif sur leur moyenne cumulative.

Ils pourront choisir entre le barème de notation habituelle (A,B, etc.) ou la mention « Réussite » ou «Abandon » s’ils décident d’abandonner leurs cours. 

En cas d’échec, ils pourront demander la mention « abandon ». En cas d’abandon, l’étudiant doit refaire le cours. 

Les étudiants devront avoir effectué la démarche avant le 15 juin. 

« Si l’étudiant juge sa note trop basse, il va pouvoir la changer pour un ‘‘R’’ (la mention réussite) (...) « Les étudiants doivent faire toutes les évaluations. La session n’est pas finie. On continue d’évaluer avec la même rigueur », commente la vice-rectrice aux études, Christine Hudon. 

Les cours qui étaient déjà terminés ne sont donc pas concernés par cette mesure. 

Avant que l’UdeS n’annonce sa décision vendredi en fin de journée, plusieurs voix d’étudiants s’étaient élevées afin de réclamer plus de souplesse de la part de l’institution. Du nombre, plusieurs étudiants de droit avaient fait valoir leur doléance à La  Tribune. 

« La plupart des étudiant(e)s ont perdu leurs sources de revenus et se demandent comment ils paieront leur loyer alors que d’autres sont à la fois étudiant(e) et parent. Ils doivent s’occuper de leur progéniture tout en assistant aux cours en ligne qui se donnent aux heures habituelles et étudier pour leurs examens finaux. Essayez de vous occuper de deux enfants de trois et six ans en ayant six heures de cours par jour, puis devoir avancer votre projet de 20 pages à remettre à la fin de la session. Les étudiants se demandent bien où est la considération humaine dont l’Université de Sherbrooke fait sa carte d’affiche depuis si longtemps », nous a écrit un étudiant de droit de l’UdeS.

Les étudiants au baccalauréat en droit ont souligné que les examens finaux arrivent dans environ deux semaines, et ce, même si les étudiants ont manqué plusieurs heures de cours, entre autres avec la grève de quatre jours des chargés de cours.

Jointe après la décision de l’UdeS, une étudiante de droit se montrait très déçue. Malgré les mesures annoncées, elle souligne que cela n’enlèvera pas le stress engendré par les évaluations à venir.

Plusieurs de ces étudiants souhaitaient la suspension de la session.

Des mots-clics comme #UdeSdernière sont apparus, souligne un étudiant, au sujet d’une vidéo réalisée par le recteur de l’UdeS Pierre Cossette.

Le Regroupement des étudiants de maîtrise, de diplôme et de doctorat de l’UdeS (REMDUS) a adopté une série de positions, jeudi soir, afin que l’UdeS ajuste ses façons de faire. Le REMDUS représente des étudiants de deuxième et de troisième cycles, et par le fait même, beaucoup de parents-étudiants. 

Le regroupement demandait à ce que l’UdeS applique certaines recommandations pour la notation. 

Amélie Simard, de la direction aux affaires internes du REMDUS, a fait savoir que la décision de la direction répond à la majorité des demandes du regroupement. Le REMDUS aurait néanmoins aimé que la session puisse être considérée terminée au 13 mars.

« Tout ça s’inscrit dans un contexte où des étudiants ont manifesté leurs craintes, et des universités québécoises et canadiennes ont pris des mesures semblables », note Mme Hudon. 

Par ailleurs, l’UdeS avait annoncé cette semaine la création d’un fonds d’aide de 500 000 $ pour ses étudiants. Un appel à la communauté a permis de bonifier ce fonds de 100 000 $.