L'Université de Sherbrooke adoptera une politique dans laquelle elle se positionnera clairement contre les investissements en matière d'énergies fossiles.

L'UdeS révisera ses stratégies d'investissements dans les énergie fossiles

L'Université de Sherbrooke adoptera une politique dans laquelle elle se positionnera clairement contre les investissements en matière d'énergies fossiles. Le travail est amorcé depuis quelques années déjà, explique le directeur général de la Fondation de l'Université de Sherbrooke et du service des relations avec les diplômés, François Dubé.
Rappelons que la semaine dernière, des étudiants ont interpellé sur cette question les quatre candidats à la course au rectorat, soit Pierre Cossette, Alain Webster, Sébastien Lebel-Grenier et Bruno-Marie Béchard Marinier.
Le mouvement Solidarité étudiante contre les oléoducs, un comité qui regroupe une soixantaine d'étudiants, réclame que l'institution retire ses investissements des énergies fossiles, comme l'a annoncé l'Université Laval récemment. Les instances concernées sont la Fondation de l'UdeS, qui gère l'argent des donateurs, et le comité de retraite, qui gère le régime de retraite des employés.
Le travail en ce sens est amorcé depuis quelques années déjà, et il se poursuit, précise François Dubé.
À la Fondation, le comité en place a amorcé une réflexion il y a 10 ans, explique M. Dubé. Une étude a été menée sur le sujet.
« On avait pris les devants pour demander à nos gestionnaires s'il y avait possibilité qu'à l'échéance de nos placements, on commence à investir dans les énergies propres », note M. Dubé.
Des étudiants ont frappé à la porte de la Fondation il y a environ un an. Un comité a été formé avec l'institution afin de se pencher sur cette question, notamment avec le comité de retraite et le vice-recteur au développement durable Alain Webster.
« De plus en plus, nos gestionnaires ont éliminé nos portefeuilles de ces énergies-là... On est à adopter une politique plus officielle pour se positionner de façon plus claire. Ce n'est pas nouveau chez nous. Notre représentant à la Fondation est un consultant qui travaille au régime de retraite; il est notre chien de garde avec nos gestionnaires. Je ne dis pas qu'on n'est pas là-dedans, mais on l'est de moins en moins. On a donné instruction à nos gestionnaires de nous faire des recommandations de placement autres que l'industrie fossile », explique M. Dubé. Le comité pourra ainsi adopter une politique commune.
« Avec la politique, on va se donner un échéancier à moyen et à court terme. C'est ce qu'on veut, car de façon non officielle, on le fait déjà... » L'adoption se fera le « plus rapidement possible », selon M. Dubé. Quelle est la part des portefeuilles investie dans les énergies fossiles? S'il y a 10 ans, elle était de l'ordre de 7 ou 9 %, elle est maintenant sous la barre des 5 %, estime le directeur général de la Fondation. Celle-ci gère des actifs de l'ordre de 80 M $.
La mise en place du comité a été ralentie avec le décès de l'ancien président du comité de retraite, précise M. Webster. « Ça nous a obligés à mettre ça entre parenthèses. »
Il rappelle que la stratégie de l'institution est beaucoup plus large. « On va être très proactifs en s'engageant dans l'énergie solaire et en devenant carboneutre. »
La stratégie énergétique de l'UdeS prévoit que l'établissement atteindra la neutralité carbone en 2030-2031.