Jean-Pierre Perreault, vice-recteur à la recherche et aux études supérieures de l’Université de Sherbrooke, et Serge Beaudoin, directeur du groupe des partenariats d’affaires de l’Université de Sherbrooke, ont signé une entente de partenariat avec MYM Nutraceutical, ici représentés par Rob Gietl, chef de la direction (à l’avant) et Charith Adkar, directeur des affaires scientifiques, à l’arrière.

L’UdeS participera à la recherche sur le cannabis

L’Université de Sherbrooke et MYM Nutraceuticals, qui a élu domicile à Weedon, ont conclu une entente pour mettre leurs forces en commun dans la recherche rendue possible grâce à la légalisation du cannabis. Un coordonnateur assurera un lien entre l’entreprise, les différentes facultés et les sources de financement potentielles. Ce partenariat pourrait permettre à MYM Nutraceuticals de profiter des programmes d’aide financière s’adressant aux partenariats avec les institutions d’enseignement.

Certaines hypothèses laissent croire que le cannabis pourrait aider à réduire les effets indésirables de l’épilepsie ou à calmer la douleur de certaines maladies chroniques, résume le directeur des affaires scientifiques de MYM, Charith Adkar. Les chercheurs de l’Université de Sherbrooke pourraient entre autres contribuer à valider ou à invalider ces hypothèses.

« On met en place un partenariat qui nous permet d’embaucher un coordonnateur qui va coconstruire des activités de recherche, soit définir l’objet des recherches avec nos spécialistes. Ça nous permettra d’identifier les chercheurs qui sont requis et de dynamiser la mise en place de partenariats, entre autres en faisant des demandes de subvention et en suivant la recherche de près », explique Serge Beaudoin, directeur du groupe des partenariats d’affaires de l’Université de Sherbrooke.

« Le but, c’est de propulser la recherche et d’amener de l’argent en recherche, entre autres pour de la recherche pharmacologique, de la recherche en génie ou pour apprendre à mieux gérer la biomasse. L’entreprise a des serres. Il faut les rendre efficaces et définir les meilleures conditions pour faire pousser les plantes. »

Les travaux de recherche pourraient aussi toucher la fabrication de matériaux industriels, d’écomatériaux et de biocarburants avec les fibres de chanvre et les sous-produits de la production de cannabis.

Des étudiants seront forcément impliqués dans les projets de recherche, tant à la maîtrise qu’au doctorat. Des étudiants du baccalauréat pourraient aussi effectuer des stages pour MYM.

« Ça deviendra des employés de l’entreprise, au même titre que nos stagiaires du programme coop qui apprennent à travailler en entreprise. C’est une nouvelle stratégie d’embauche pour aller chercher des talents dans les universités alors qu’on sait maintenant que c’est difficile d’embaucher des gens », dit Serge Beaudoin.

« C’est une première étape et un partenariat porteur d’avenir. »

M. Beaudoin mentionne que l’entreprise finance les partenariats de recherche et fait profiter l’Université de son expertise. En contrepartie, l’Université participe financièrement en permettant l’accès à des organismes de subvention et met elle aussi son expertise au service des recherches de l’entreprise.

Jean-Pierre Perreault, vice-recteur à la recherche et aux études supérieures, mentionne que les recherches sur le cannabis s’inscrivent dans la mission de l’institution. « Pour l’instant, on ne veut pas dire non parce que c’est du cannabis. Nous avons une mission : faire progresser les connaissances. Et nous nous en tenons à ça. S’il y a des expertises chez nos professeurs qui nous permettent de prendre un certain lead, nous le ferons, avec les mêmes standards que d’habitude. »

Il n’est pas question de créer de nouveaux programmes d’études liés à la culture ou à l’exploitation du cannabis pour le moment. « Ça s’inscrit dans la continuité. Le cannabis va changer notre société. C’est un objet de recherche. Il y a beaucoup de questions qui peuvent se poser, alors certains de nos professeurs ont un intérêt pour certaines de ces questions de recherche. On ne pouvait pas faire pousser la plante, donc il y avait peu de possibilités de recherche. Il faut amener cet aspect de recherche critique. »

Rob Gietl, chef de la direction de MYM Nutraceuticals, explique pourquoi ce partenariat est crucial. « Notre plan d’affaires est bâti pour l’usage médical du cannabis plutôt que l’usage récréatif. De conclure un partenariat avec une équipe chevronnée et spécialisée dans le développement de nouveaux produits est une priorité. Il y a plusieurs entreprises ou pays à travers le monde qui effectuent des recherches en poursuivant les mêmes objectifs avec les mêmes ressources, en y investissant le même temps. Si nous avons l’occasion de créer une union de chercheurs ou d’universités qui collaborent et qui recherchent dans différents domaines à la fois au lieu de se concentrer tous sur le même sujet, nous pourrons progresser beaucoup plus vite vers une mise en marché. »

M. Gietl veut mener ce partenariat le plus loin possible. « La première étape est de comprendre la plante et comment elle peut être bénéfique. »

Rappelons que MYM Nutraceuticals compte construire 15 serres de 100 000 pieds carrés de cannabis à des fins médicales à Weedon. Ce projet d’investissement de 200 millions de dollars créera 400 emplois.