L’Université de Sherbrooke reporte la rentrée hivernale.
L’Université de Sherbrooke reporte la rentrée hivernale.

L’UdeS décale la rentrée d’hiver

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
L’Université de Sherbrooke reporte la rentrée hivernale. L’institution a annoncé à ses étudiants qu’afin de leur accorder une période de répit, elle « prolongera la période de pause entre les trimestres d’automne et d’hiver » en reportant au 11 janvier le début de la session d’hiver pour la majorité des programmes d’études. Le service de psychologie et d’orientation de l’institution connaît par ailleurs une hausse importante de ses prestations.

Seuls quelques programmes ne sont pas touchés par ce report de quelques jours, le début des cours étant prévu initialement le 5 janvier. 

« Ce sont des exceptions », note la vice-rectrice aux études Christine Hudon, en donnant l’exemple de médecine ou des programmes où les stages allaient débuter.

L’UdeS a aussi fait savoir que la date de fin du trimestre d’hiver demeure inchangée; elle doit se terminer au plus tard le 30 avril. La semaine de relâche aura lieu du 1er au 5 mars comme prévu.

« Même si on commence le 11 janvier, on a tout le temps pour le faire. On est dans un contexte particulier, celui de la pandémie », souligne Mme Hudon, en notant que l’initiative de la direction avait été bien accueillie tant par la communauté étudiante que les syndicats. « Ça va donner un peu d’air. »

Comme pour cette session-ci, l’UdeS entend miser le plus possible sur des cours en présentiel cet hiver, tout en offrant une formule hybride à ses étudiants.  

Davantage de consultations

Par ailleurs, le service de psychologie et d’orientation de l’UdeS connaît une hausse importante de sa prestation de services et de rendez-vous, selon les données fournies par l’institution.

Entre les rentrées de 2019 et 2020, cette hausse s’établit à 19 %, « avec une hausse accrue pour les services de psychologie ». 

L’augmentation est de 21 % pour les suivis thérapeutiques et de 26 % pour les consultations ponctuelles. Ces données ont été recueillies pendant la période du 24 août au 31 octobre.

Le nombre de rendez-vous offerts est passé de 1091 à 1294, pour tous les campus et les services confondus.

« Ce que les professionnels de mon équipe me partagent, c’est qu’on ne reçoit pas de cas - ou il n’y en a pas beaucoup - pour qui spécifiquement c’est la pandémie qui est la cause de leur désarroi ou de leur détresse. Cependant, pour ceux qui vivent des enjeux pour lesquels ils consultaient, la pandémie vient accentuer le niveau de tension et de détresse. C’est comme si, quand il y a des problèmes sous-jacents, ça les rend encore plus difficiles, parce que le contexte actuel nous prive de stratégies d’adaptation, notamment du côté du soutien social qu’on ne peut aller chercher chez les proches, les amis... Tout ça, les gens y ont moins accès en ce moment, et c’est vrai pour toute la population », indique Bruno Collard, directeur du service de psychologie et orientation.

« Les professionnels témoignent aussi, de façon unanime, d’une détresse en croissance significative pour les étudiants qu’ils rencontrent », a fait savoir l’institution par courriel, notant que la hausse s’explique par une augmentation de la lourdeur et de la complexité des cas.

L’UdeS constate aussi que le taux d’annulation des rendez-vous par les étudiants, qui est de l’ordre de 10 % en général, a drastiquement chuté. Il est à peine de 3 % pour les consultations actuelles. Lorsqu’un rendez-vous est offert, très peu vont l’annuler.

En orientation, les demandes n’ont pas augmenté, mais le processus dure plus longtemps, précise M. Collard.

« Les questionnements sont plus importants. Il y en a pour qui le contexte actuel ajoute une très grande dose d’incertitude, par rapport au choix de carrière, aux débouchés. Quand les cours sont donnés majoritairement en ligne, pour certains, c’est plus difficile de s’accrocher, de développer un sentiment d’appartenance. Le contact avec les professeurs est plus difficile », dit-il en rappelant que c’est pour toutes ces raisons que l’UdeS a décidé de miser sur le présentiel, tout particulièrement auprès des étudiants de première année.