Dre Carine Diane Kouema Ngako, médecin de famille originaire du Cameroun nouvellement assermentée, en compagnie de son époux Jean-Philippe Talla et de leurs enfants, Dan Talla et Zoey Talla.

L'UdeS assermente 128 nouveaux médecins

La médecine est une affaire de communauté, ont compris les 128 nouveaux médecins qui ont été assermentés à l’Université de Sherbrooke jeudi. Cet événement a non seulement permis de souligner l’importance de l’engagement dans la profession, mais aussi que le domaine d’enseignement se montre de plus en plus inclusif.

Dre Carine Diane Kouema Ngako, représentante de la cohorte de médecins de famille assermentés jeudi alors qu’elle est diplômée hors Canada et États-Unis (DHCEU), en est la preuve.

Originaire du Cameroun, la jeune femme a réalisé ses études prédoctorales en Allemagne, où elle a obtenu son diplôme en 2011. Alors que l’amour l’a plus tard poussée à suivre son conjoint au Québec, plusieurs ont tenté de la décourager d’espérer un jour pratiquer au Québec.

« Ici, au Canada, c’est assez difficile de faire reconnaître son diplôme. On m’a dit que ça ne marcherait pas, qu’il y avait trop d’échecs. Mais, j’ai pu faire mes équivalences de diplôme en médecine, qui étaient assez pénibles, et j’ai ensuite réussi à être acceptée à l’Université de Sherbrooke pour une résidence à l’UMF Richelieu-Yamaska », se réjouit Dre Kouemo Ngako, dont la résilience et la persévérance ont joué un rôle clé.

Accompagnée de son époux Jean-Philippe Talla et de leurs enfants de 5 et 7 ans, la nouvelle médecin a été assermentée avec ses collègues, en plus de pouvoir prononcer quelques mots au nom des finissants, dont le total s’élève à 174 cette année.

Des chiffres positifs
Un sondage réalisé auprès de 111 répondants a permis de déterminer que les femmes représentent environ 66 % de ces nouveaux médecins.

« On a été les premiers à Sherbrooke à avoir une vague de femmes à entrer en médecine. Depuis une dizaine d’années, les chiffres sont assez stables. Aujourd’hui, on peut réellement dire qu’il n’existe plus de domaine en médecine où il n’y a que des femmes, ou que des hommes » a commenté en entrevue le doyen de la Faculté de médecine et des sciences de la santé, Pr Dominique Dorion.

Le doyen s’est également donné le mandat de veiller à ce que tous les finissants comprennent les responsabilités qui accompagnent le privilège de pratiquer la médecine.

« Vous n’avez pas le droit de ne pas vous engager dans votre communauté. Vous le devez à la société et à tous ceux qui vous ont supporté durant vos études » a-t-il prononcé devant la cohorte.

Médecins de famille
Parlant de communauté et de société, Pr Dorion se réjouit de voir qu’environ 57 % des finissants sont issus du programme de médecine de famille.

« On en est très fier. La médecine de famille est ce dont la société a besoin. Je ne vous invente rien, ce qui est difficile dans le système de santé ces temps-ci, c’est d’entrer dans le système et de voir un médecin. Les médecins de famille sont les mieux placés pour prévenir les admissions hospitalières un peu plus inutiles. C’est bien documenté, une première ligne forte est garante d’un système de santé efficace », dit Pr Dorion, ajoutant que l’objectif gouvernemental est d’avoir une proportion de 50 % de médecins de famille parmi les finissants.