Luc Fortin et de sa famille Luc Fortin, Emilie Rouleau et leurs quatre enfants :Alexia (7 ans), Raphaël (5 ans), Èva-Rose (3 ans) et Victoria (7 mois).

Luc Fortin : l'urgence de s'engager

Jeudi matin, 8 h. Le ministre de la Famille Luc Fortin entre d’un pas pressé au restaurant pour l’entrevue. « Si tu me demandes comment on conjugue vie familiale et campagne électorale, on fait ça la nuit », lance en riant le député libéral de Sherbrooke, en racontant que ses deux aînés ont fait des cauchemars entre 1 h et 4 h.

À 16 ans, Luc Fortin, porte-couleur du PLQ dans Sherbrooke, a écrit dans son album de finissants qu’il souhaitait devenir député. Seize ans plus tard, en 2014, il fait son entrée à l’Assemblée nationale comme élu. En 2016, il devient ministre de la Culture et des Communications.

Une suite logique dans le parcours de celui qui a travaillé comme conseiller auprès de l’ancien premier ministre Jean Charest, et qui a notamment été attaché politique et attaché de presse auprès des anciens ministres Benoît Pelletier et Yolande James.

Une autre certitude lui est apparue dans sa jeunesse : lui, l’enfant unique, voulait une famille nombreuse. À 36 ans, il est aujourd’hui père, aux côtés de sa conjointe Émilie Rouleau, de quatre enfants : Alexia (7 ans), Raphaël (5 ans), Èva-Rose (3 ans) et Victoria (7 mois).  

Luc Fortin se réjouit du rajeunissement de la classe politique. « Quand j’ai commencé à faire de la politique, il y avait beaucoup de cheveux gris. On avait l’impression (qu’être politicien), ça arrivait en fin de carrière. Les mentalités ont évolué. Quand on a des enfants, c’est une urgence de faire quelque chose pour eux. Si tu te lances plus tard, tu vas le faire pour tes petits-enfants. »

N’empêche : le chef de tribu, ministre de la Famille, également responsable de la région de l’Estrie, s’est heurté aux anachronismes du système lorsqu’il a voulu prendre un congé de paternité pour son quatrième enfant. L’élu, qui reçoit une « indemnité » et non un salaire, n’avait pas droit au Régime québécois d’assurance parentale (RQAP), même s’il cotise. Comme la législation ne permet pas d’arrêter le salaire d’un élu, on lui a dit que, s’il le souhaitait, il pouvait rester cinq semaines à la maison et qu’il continuerait alors de recevoir son indemnité.

« La politique étant ce qu’elle est, je savais bien que j’allais être sous le feu des critiques », souligne celui qui a trouvé des compromis, comme se rendre au bureau de circonscription après l’arrivée de sa fille. Sa collègue Francine Charbonneau a été désignée à sa place pour participer à des périodes de questions.

« La façon dont le parlement fonctionne est complètement dépassée. On fonctionne comme au siècle dernier », dit celui qui a soulevé cet enjeu auprès des autres parlementaires. « Ce n’est pas moi qui vais en bénéficier, je l’ai vécu », dit celui dont la famille est probablement complète.

Alors que les entreprises et les institutions utilisent les technologies pour éviter les déplacements, image-t-il, cette façon de faire n’est pas encore arrivée à l’Assemblée nationale. « Si un employé est en congé de maladie dans une entreprise, il sera remplacé. Mais dans une charge élective, tu ne peux pas. Si on veut rajeunir la classe politique, il faut moderniser nos façons de faire. »

Celui qui a été forcé de prendre un temps d’arrêt pendant quatre semaines en 2016 souligne que la famille se fixe assurément une journée par semaine ensemble. Certains moments sont sacrés. Récemment, il a vécu la première rentrée scolaire de son fils, qu’il n’aurait manquée pour rien au monde. « Même s’il y avait eu un débat, je l’aurais boycotté pour la rentrée scolaire (...)  Une de mes devises, c’est de ne pas avoir de regret. » En campagne électorale, les enfants suivent souvent dans les activités, souligne-t-il. Le couple a aussi la chance d’être bien entouré par sa famille à Sherbrooke.  

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