Thomas Harding

Louiseville invite Harding à venir y faire ses travaux communautaires

MONTRÉAL - Le maire de Louiseville, Yvon Deshaies, tend la main au chef de train Thomas Harding: pour aider l'homme qui a reçu lundi une peine de six mois de prison à purger dans la communauté et 240 heures de travaux communautaires, il l'invite à venir les faire dans sa ville de la Mauricie.

Cette peine lui a été imposée pour une infraction pénale à la Loi sur la sécurité ferroviaire, en lien avec la tragédie de Lac-Mégantic, soit d'avoir omis de faire des tests sur les freins à main du train, avant de le laisser pour la nuit en haut d'une pente. M. Harding a plaidé coupable. Il s'agit des procédures intentées par la Couronne fédérale, distinctes du procès pour négligence criminelle causant la mort qui s'est terminé mi-janvier par un acquittement pour M. Harding et ses deux coaccusés.

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Tom Harding: effet boule de neige

M. Deshaies dit ne pas connaître le chef de train et ne sait pas non plus s'il connaît des gens à Louiseville.

Mais il a suivi les procédures criminelles et pénales à la suite du drame ferroviaire et a trouvé cela «très dur pour lui», a-t-il déclaré mardi en entrevue téléphonique.

Ce n'est pas un acte volontaire, juge-t-il, bien que cela fût une erreur fatale. Quarante-sept personnes ont été tuées lorsque le train a déraillé et explosé au centre-ville de Lac-Mégantic le 6 juillet 2013.

Le maire travaille comme bénévole à l'église de sa ville et il a déjà accueilli une centaine de personnes qui sont venues y faire leurs heures de travaux communautaires sur ordre de la Cour. Parfois, il est difficile pour les gens de faire leurs heures là où ils habitent, a-t-il expliqué. Il craint que ce ne soit le cas de M. Harding.

Et c'est ce même travail d'entretien de l'église qu'il veut lui offrir.

Après avoir été mis au courant de la peine imposée à M. Harding, le maire de Louiseville dit avoir fait sept ou huit appels téléphoniques et avoir tout réglé.

Un motel a accepté d'héberger l'homme, des restaurateurs offrent de le nourrir et d'autres entreprises fournissent des commandites pour payer des dépenses, a-t-il assuré. Mais pas un salaire, a toutefois précisé M. Deshaies.

«Ça coûte pas cinq sous à la ville», a-t-il assuré.

«S'il est mal pris, moi, je vais le prendre à Louiseville et ça coûte rien.»

Il craint que l'ex-employé de la Montreal Maine and Atlantic (MMA) ne soit ruiné moralement et financièrement.

Si on a aidé et accueilli les migrants qui sont entrés à la frontière l'an dernier «alors moi je suis capable de prendre cet homme-là sous mon aile et de l'aider», a-t-il illustré.

«C'est ma contribution. Si on ne le fait pas, qui va le faire? C'est ce que je me dis.»

Au moment de réaliser l'entrevue, mardi en début d'après-midi, le maire n'avait pas encore réussi à joindre M. Harding pour lui faire part de sa proposition.

Cette offre du maire avait d'abord été rapportée par le quotidien Le Nouvelliste.

Des résidants et même des proches des victimes jugeaient que l'homme n'avait rien fait de criminel et que la Couronne n'avait pas poursuivi les bonnes personnes en accusant de négligence criminelle M. Harding, Richard Labrie et Jean Demaître.