Selon Louisda Brochu, son plus bel accomplissement aura été l'aménagement du centre culturel dans l'ancienne église Coeur-Immaculé.

Louisda Brochu, l'homme politique

Le district de Lavigerie n'aura eu qu'un seul conseiller municipal depuis sa création en 2001. Louisda Brochu, qui se retire après 20 ans de politique active, part en même temps que le refonte des districts, qui fait disparaître le nom de Lavigerie.
Arrivé en politique à 46 ans, après un mandat comme commissaire à l'exécutif de la commission scolaire, M. Brochu admet tourner la page sur « un gros pan de vie ». « Vingt ans, quand on regarde en avant, c'est loin. Quand on regarde en arrière, c'est comme si c'était hier. Il y a quelque chose d'exaltant à être au service des citoyens. »

Avant de se lancer, Louisda Brochu, criminologue de formation, a toujours aimé l'implication sociale et la politique. « En 1980, j'ai été très mêlé au référendum. J'étais en arrière des candidats. Dans Fleurimont, j'ai aidé Francis Gagnon à se faire élire. »

Le point central de cette carrière politique aura certainement été l'aménagement d'un centre culturel dans l'ancienne église Coeur-Immaculé. « Je jouais au golf avec un ami et je lui disais qu'on cherchait un local pour la culture dans Fleurimont. Il m'a dit que l'église n'était plus très achalandée. »
Au point de départ, le prix de vente était de 1,3 M$. « Nous avons fait valoir que les paroissiens étaient les mêmes citoyens qui allaient profiter du centre et qu'ils avaient déjà payé pour l'église. Le prix a fini à 650 000 $. »
Comble du hasard, le centre culturel a été inauguré le jour de l'anniversaire de Louisda Brochu, en 2010.
La création de Commerce Sherbrooke lui a également plu. « Bernard Sévigny m'avait appelé, même si je n'étais pas dans son parti à l'époque, pour me dire qu'il avait besoin de toutes ses forces vives du conseil. Il voulait me confier un comité où il n'y avait rien de fait pour qu'on ait une hiérarchie commerciale et une vision de l'offre commerciale. »
À l'opposé, la défaite au référendum sur le plan d'urbanisme en 2007 aura été une déception. Mais l'homme politique sait reconnaître ses torts, lui qui agissait comme président du comité consultatif d'urbanisme à l'époque. « Je devais rendre l'information accessible et force est d'admettre que je n'ai pas réussi. Le virus politique s'est emparé du dossier. J'ai dû faire 22 conférences de presse en 30 jours. Je n'ai pas réussi à être assez pédagogique. »
En matière d'influences, M. Brochu a beaucoup admiré l'ancien maire de Fleurimont Francis Gagnon. « C'était un visionnaire. Je suis arrivé pour la première édition du Festival des traditions du monde. Il avait aussi mis le projet Rues Principales sur les rails. »
« Je retiens aussi l'accessibilité de Jean Perreault. Il savait dire non. Et Bernard [Sévigny] est visionnaire à sa façon avec Well inc. Les politiciens ont beaucoup d'égo, mais lui se démarque parce qu'il peut être très effacé. Il m'a donné des leçons d'humilité. »
C'est pour cette raison que M. Brochu fait une distinction entre les politiciens et les hommes politiques. Hommes avec un grand H. « Le politicien pense à sa prochaine élection et l'homme politique à la prochaine génération. »
Il s'estime dans la deuxième catégorie et ne sera pas aigri que d'autres que lui prennent le flambeau pour terminer ses projets.
Et si son fils voulait se lancer en politique, l'encouragerait-il? « Je l'encouragerais, mais je lui ferais part de tous les revers. Il faut bien vivre avec le fait d'étaler sa vie privée sur la place publique. »
Dans le même sens, les histoires de corruption « ont fait mal à l'ensemble de la classe politique ».
Enfin, pour lui, la fusion a constitué une bonne nouvelle. « Je croyais au regroupement. Être ensemble a toujours été un thème dans ma vie. Nous sommes partis d'une petite ville, Fleurimont, et nous sommes arrivés dans une grande ville, Sherbrooke, où il y avait plein d'expertise. J'ai trouvé que c'était un grand plus. Il faut avoir l'humilité de faire des compromis pour faire avancer les choses collectivement. Tout seul, on n'arrive à rien. »
M. Brochu voudrait d'ailleurs qu'on se souvienne de lui comme d'un rassembleur.
« Oui on a des difficultés à Sherbrooke, mais je trouve que la ville est en bonne position avec les projets qui sont là, sans partisanerie. »
Pour sa retraite, Louisda Brochu se donne un an sans prendre d'engagements. « Je veux lire des biographies, des romans, voyager. Je veux ouvrir les horizons un peu plus larges sur ma vie et tomber dans un mode plus contemplatif. »
Il prendra aussi du temps pour ses petits-enfants et promet qu'il ne jouera pas les belles-mères. « Je laisserai les politiciens en place prendre les décisions. »