Le maire Bernard Sévigny se montre sensible aux revendications de l'Association des locataires de Sherbrooke mais fait valoir que la Ville investit annuellement 1,7 M$ par année dans les logements sociaux.

Logements sociaux : le maire estime faire sa part

Le maire de Sherbrooke respecte l'initiative de l'Association des locataires de Sherbrooke (ALS) et du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) d'occuper des terrains dans différents quartiers de la ville pour sensibiliser la population et les gouvernements au besoin grandissant de logements sociaux, mais se dit déjà très sensibilisé à la problématique.
« Avant mon élection, il se faisait plus ou moins 40 logements sociaux par année. Nous avons fait le choix de donner un coup de barre pour accélérer le rythme et depuis sept ans, c'est une centaine de logements sociaux qui s'ajoutent chaque année. La moitié en coopérative d'habitation et l'autre moitié, ce sont des logements de l'Office municipal de l'habitation, donc vraiment des logements sociaux », rappelle Bernard Sévigny, ajoutant que ces efforts coûtent environ 1,7 M$ à la Ville par année.
L'investissement de la Ville de Sherbrooke représente 15 pour cent des coûts totaux en logements sociaux. Le restant étant assumé par les gouvernements provincial et fédéral.
L'ALS rappelait dans ses revendications que la liste d'attente pour un logement social comptait un millier de noms et que 6105 ménages sherbrookois payaient plus de 50 pour cent de leur revenu en logement.
« Je comprends les préoccupations de l'ALS qui demande 300 nouveaux logements sociaux par année, mais les efforts dépendent toujours de la Société d'habitation du Québec. La Ville ne paiera pas 100 pour cent des coûts, ce n'est pas comme ça que ça fonctionne », note le maire ajoutant que même quand Québec a coupé de moitié le financement au logement social, il y a deux ans, la Ville a maintenu son augmentation de 100 unités de logement social par an puisque les projets étaient déjà dans le « collimateur ».
Le gouvernement du Québec avait alors augmenté le supplément au loyer octroyé aux Québécois à faible revenu, rappelle le maire, soulignant que 500 ménages sherbrookois reçoivent cette aide financière permettant de réduire le fardeau lié à leur hébergement.
L'OMHS gère maintenant 1800 logements sociaux. S'ajoutent à ces chiffres les 1200 unités d'habitation coopérative. C'est un peu plus de 7 pour cent des ménages locataires qui habitent actuellement dans un logement subventionné.
Le futur visage de Well inc.
Quant aux inquiétudes de l'ALS qui se demandait si le projet Well inc., qui permettra à des entrepreneurs de changer le visage de la rue Wellington Sud, causerait la gentrification du secteur et déplacerait une portion de la population moins nantie, le maire se veut rassurant.
« Je comprends les appréhensions de l'ALS et des autres organismes communautaires, mais l'approche adoptée sera une approche sociale. Oui, on fera un quartier d'entrepreneurs, mais la dimension sociale, on la gère. On travaille sur des initiatives avec l'Agence de la santé et le CIUSSS de l'Estrie notamment pour la création d'un centre de jour sur Wellington Sud, donc de l'aide direct au plus démunis », commente le maire.
« Le logement social est surtout concentré au centre-ville et les projets de logement social sont nombreux dans ce secteur. Oui, il faut changer le visage de la Wellington Sud, mais pas pour la dénaturer ni faire de la gentrification. On veut garder les gens du centre-ville au centre-ville, mais on peut améliorer leur sort aussi », ajoute-t-il, rappelant que des organismes comme L'Armée du Salut et Le Tremplin sont propriétaires de leur bâtisse, alors l'augmentation possible des loyers dans le secteur ne devrait pas les affecter.