Le président de l’Office municipal d’habitation, Rémi Demers, comme ses collègues du conseil municipal, presse le gouvernement du Québec de s’entendre avec Ottawa pour la construction de nouveaux logements abordables.
Le président de l’Office municipal d’habitation, Rémi Demers, comme ses collègues du conseil municipal, presse le gouvernement du Québec de s’entendre avec Ottawa pour la construction de nouveaux logements abordables.

Logements abordables : Sherbrooke presse le gouvernement d’agir

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
La Ville de Sherbrooke presse le Gouvernement du Québec de s’entendre avec le fédéral pour débloquer des fonds qui permettraient la construction de nouveaux logements sociaux. Les élus ont approuvé une demande à acheminer à plusieurs ministres pour que de nouvelles unités de logement soient débloquées par l’entremise du programme AccèsLogis.

Le conseiller Rémi Demers, président de l’Office municipal d’habitation, rapporte qu’aucune nouvelle unité de logement social n’est attribuée au Québec, que ce soit par l’entremise des offices municipaux, des coopératives ou des promoteurs privés. « Ce sont seulement celles qui ont été approuvées dans le passé. On se retrouve dans une situation où ça peut mettre en péril le développement de nouveaux logements. Le gouvernement du Québec a pris un engagement en juillet 2019 pour la réalisation de 15 000 nouveaux logements sociaux. La liste des demandeurs est en croissance à Sherbrooke malgré qu’on vise le développement d’une centaine de logements par année. »

Ce sont 7,9 % des ménages qui doivent composer avec un logement nécessitant des réparations majeures, qui n’ont pas les moyens de se payer un logement en bon état ou qui n’ont pas suffisamment de chambres dans leur logis.

« Il y a plusieurs millions qui sont actuellement en litige entre Québec et Ottawa pour une question de compétences », ajoute M. Demers.

Pierre Avard mentionne que le gouvernement fédéral dispose d’une enveloppe de 1,3 G$ à répartir entre les provinces. « Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’actuellement, les autres provinces du Canada ont des ententes. Le seul endroit où il n’y a pas d’entente, c’est au Québec. Il faut aboutir. »

Il précise du même souffle que les sommes allouées par logement n’avaient pratiquement pas été ajustées depuis 1980, si bien qu’il était difficile pour Sherbrooke d’atteindre ses objectifs en raison des coûts de construction qui augmentent.

« On est rendu à aboutir pour débloquer des logements qui sont attendus autant à Sherbrooke qu’ailleurs au Québec. »

Le maire Steve Lussier avance que le sujet a été et sera abordé avec la députée Élisabeth Brière.

Selon les données avancées par la Ville de Sherbrooke, « 44 000 personnes sont en attente d’un logement à prix modique au Québec, dont près de 1000 pour le territoire de Sherbrooke ». Le gouvernement a prévu dans son dernier budget 260 M$ pour bonifier le programme AccèsLogis Québec. 

Le taux de logements vacants sur le marché locatif privé à Sherbrooke est situé sous le point d’équilibre de 3 %, soit 2,4 %. Au 1er juillet 2020, 44 ménages-locataires s’étaient retrouvés sans domicile permanent, une situation observée la dernière fois lors de la crise du logement entre 2002 et 2004. 

Dans un communiqué, l’Association des locataires de Sherbrooke s’est montrée heureuse de la démarche effectuée par la Ville de Sherbrooke.

« Le droit au logement est devenu pour 30 % des ménages-locataires un privilège et non un droit. La solution ne peut plus prendre la forme d’aide au logement puisque le marché locatif privé refuse de louer à une grande proportion des ménages-locataires. Pour que le privilège redevienne un droit, la solution est [de lancer un] vaste chantier de construction de logements sociaux », lit-on dans le communiqué.