Accompagné d’une dizaine de membres de l’Association des locataires de Sherbrooke, son porte-parole, Normand Couture, a tenu un point de presse jeudi devant les bureaux de Radio-Canada, rue King Ouest, afin de réclamer des engagements de la part des partis politiques sur la question du logement social.

Logement sociaux : l’ALS compte se faire entendre

« On est tannés de faire rire de nous. Les sourires, les poignées de main et les tapes dans le dos en campagne électorale, c’est fini ! On a décidé qu’on allait se faire entendre une fois pour toutes… »

Moins de 24 heures après le déclenchement de la campagne électorale, l’Association des locataires de Sherbrooke (ALS) a décidé de passer à l’attaque et de dévoiler comment elle entend s’y prendre pour obtenir des engagements concrets des partis en ce qui concerne l’accès au logement.

Visiblement outré par le fait que le logement social ne fasse pas partie des enjeux de la présente campagne, le porte-parole de l’ALS, Normand Couture, a haussé le ton lors d’un point de presse tenu jeudi sur le trottoir de la rue King Ouest, tout juste devant les studios de Radio-Canada.

Selon lui, outre le Nouveau Parti démocratique (NPD), aucun des grands partis en lice en vue du scrutin du 21 octobre n’a abordé cet enjeu de façon à répondre aux revendications des organisations de défense des ménages locataires à faible revenu. Y compris le premier ministre sortant Justin Trudeau, a déploré M. Couture.

« En novembre 2017, M. Trudeau nous a annoncé une Stratégie canadienne du logement, qui devait répondre à la situation critique des ménages locataires à faible revenu. Depuis cette annonce, plus rien !

« Pour ce qui est des conservateurs, c’est un gros zéro avec une barre », a illustré Normand Couture.

Ce dernier a rappelé qu’au Canada, 1,7 million de ménages locataires consacrent plus de 30 % de leurs revenus pour se loger.

En juillet dernier à Sherbrooke, une vingtaine de ménages sherbrookois se sont tournés vers l’Association des locataires de Sherbrooke, faute d’avoir pu trouver un logement abordable et convenable.

Avec un taux d’inoccupation en deçà du point d’équilibre de 3 %, les logements abordables demeurent rares à Sherbrooke.

En décembre dernier, la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL) avait sonné l’alarme dans un rapport démontrant un resserrement du marché locatif à Sherbrooke en raison de l’augmentation de la population étudiante, de la migration internationale et du désir de nombreux ménages âgés de quitter leur maison pour un logement.

Dans certains secteurs comme Fleurimont et Rock Forest-Saint-Élie-Deauville, le taux d’inoccupation était inférieur à 2 %.

Changements climatiques

L’ALS demande également à ce que des mesures d’aide soient adoptées en faveur des ménages à faibles revenus qui subissent les effets des changements climatiques. Faisant référence aux inondations, aux tornades et aux vagues de chaleur qui se succèdent depuis quelques années, M. Couture estime que ces phénomènes représentent des risques pour la santé et la sécurité des ménages locataires à faible revenu.

« Lorsque tu es à faible revenu, se payer un climatiseur, c’est déjà difficile. Payer l’électricité que ça consomme, c’est encore plus difficile quand tu as déjà de la difficulté à payer uniquement ton logement… On veut donc des engagements spécifiques en ce qui concerne l’impact des changements climatiques sur les ménages locataires à faible revenu », a réclamé M. Couture sans vouloir préciser la nature de ces engagements. « C’est aux partis de trouver des solutions. »

Contrairement aux campagnes électorales précédentes, l’Association des locataires de Sherbrooke a pris la décision de ne pas s’adresser directement aux candidats de la région afin de faire avancer leurs revendications. L’organisme prévoit plutôt tenir des actions de visibilité sur quatre enjeux qu’elle juge prioritaires. Outre les changements climatiques, des interventions sur la question des femmes et du logement, de l’immigration et du bilan de la campagne se tiendront d’ici le 21 octobre, jour du scrutin.

« Soyez assurés que chaque fois que les chefs vont passer dans le coin, on va être là et on va se faire entendre. Que ce soit ici à Sherbrooke ou dans le comté de Compton-Stanstead, représentée par madame (Marie-Claude) Bibeau, on va s’arranger pour les rencontrer. On va s’assurer que les partis prennent des engagements concrets. »