Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a lancé samedi un appel pour que les auteurs de l’assassinat du scientifique Mohsen Fakhrizadeh et ceux qui ont planifié le crime soient sévèrement punis.
Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a lancé samedi un appel pour que les auteurs de l’assassinat du scientifique Mohsen Fakhrizadeh et ceux qui ont planifié le crime soient sévèrement punis.

L’Iran exprime sa colère après l’assassinat du père de son programme nucléaire

AFP
Agence France-Presse
La Presse canadienne
PC
Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a lancé samedi un appel pour que les auteurs de l’assassinat du scientifique Mohsen Fakhrizadeh et ceux qui ont planifié le crime soient sévèrement punis.

Téhéran soupçonne Israël d’être derrière l’explosion d’un vieux camion, et de l’attaque qui a suivi, au passage du véhicule transportant le chercheur vendredi dans la ville d’Absard, située dans une banlieue prisée par l’élite à l’est de la capitale. Mohsen Fakhrizadeh était l’acteur clé du programme de développement nucléaire de l’Iran.

Cet attentat menace de raviver également les tensions avec les États-Unis, d’autant plus que le président élu Joe Biden a laissé entendre que lorsque son administration entrera en fonction, son pays pourrait retourner au sein de l’accord sur le nucléaire iranien, avec d’autres puissances mondiales. Le président américain sortant, Donald Trump, avait retiré son pays de cet accord qui vise à empêcher Téhéran de mettre au point des armes nucléaires.

En marge d’une réunion samedi pour faire le suivi sur la pandémie de COVID-19, le président iranien Hassan Rohani a accusé Israël sans détour. Il a affirmé que la mort du professeur Fakhrizadeh ne freinera pas le programme nucléaire de son pays, réitérant ainsi les propos de l’ayatollah Khamenei.

Le programme de développement du nucléaire en Iran poursuit ses recherches et l’enrichissement d’uranium, mais bien en deçà des seuils requis pour de l’armement.

Des experts ont comparé l’importance du savoir-faire de la victime Mohsen Fakhrizadeh à celle du physicien américain Robert Oppenheimer, le père de la bombe atomique.

«Nous répliquerons à l’assassinat du martyre Mohsen Fakhrizadeh au moment approprié», a déclaré le président Rohani.

La déflagration de vendredi près du véhicule du scientifique iranien, forçant son arrêt, était suivie par une embuscade où cinq tireurs ont ouvert le feu sur le véhicule de la victime, a indiqué l’agence de presse semi-officielle Tasnim.

Des photos et des vidéos qui circulent sur internet montrent la voiture berline Nissan de la victime criblée de balles ainsi que des débris du pare-brise et du sang sur la chaussée.

Le Pr Fakhrizadeh est mort à l’hôpital, les médecins et les ambulanciers paramédicaux n’ayant pu le réanimer. D’autres personnes ont été blessées, dont les gardes du corps du réputé chercheur.

Quelques heures après l’attaque, le Pentagone a annoncé le retour de son puissant navire de guerre et porte-avion USS Nimitz au Moyen-Orient, évoquant toutefois les tensions en Afghanistan et en Irak pour expliquer sa décision « d’augmenter sa capacité défensive ».

La mort du Pr Fakhrizadeh survient quelques jours avant le 10e anniversaire de l’assassinat d’un autre expert du nucléaire, le scientifique Majid Shahriari, pour lequel Téhéran avait aussi accusé Israël.

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Berlin met en garde contre une escalade après l’assassinat d’un scientifique iranien

 L’Allemagne a mis en garde samedi contre « une nouvelle escalade de la situation » après l’assassinat la veille d’un scientifique de haut rang dans le programme nucléaire iranien.

«Nous sommes très inquiets concernant les informations en provenance d’Iran selon lesquelles Mohsen Fakhrizadeh a été tué dans un attentat», a indiqué un porte-parole du ministère des Affaires étrangères allemand à l’AFP.

«Nous appelons instamment toutes les parties à renoncer à toute démarche qui pourrait conduire à une nouvelle escalade de la situation», dont «nous n’avons absolument pas besoin en ce moment», a-t-il ajouté.

«À quelques semaines de l’entrée en fonction du nouveau gouvernement aux États-Unis, il s’agit de conserver les marges existantes de dialogue avec l’Iran afin de pouvoir régler par la négociation le conflit sur le programme atomique iranien», a souligné le porte-parole du ministère.

Des étudiants de la force paramilitaire du Basij iranien s'apprêtent à brûler des drapeaux américains et israéliens lors d'un rassemblement devant le ministère des Affaires étrangères à Téhéran, le 28 novembre 2020, pour protester contre le meurtre de l'éminent scientifique nucléaire Mohsen Fakhrizadeh un jour plus tôt près de la capitale.

Les autorités iraniennes accusent Israël d’être responsable de cet assassinat, qui intervient moins de deux mois avant l’investiture du démocrate Joe Biden à la présidence des États-Unis.

Ce dernier a dit vouloir renouer le dialogue après le mandat de Donald Trump, qui avait décidé en 2018 le retrait des États-Unis de l’accord sur le programme nucléaire iranien signé trois ans plus tôt à Vienne.

Washington le jugeait insuffisant, contrairement aux autres États impliqués dans l’accord avec l’Iran (Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne et Russie).