Exactement au moment du départ du Challenge polaire, à travers toute la grisaille hivernale, s’est pointée une belle éclaircie comme un dernier signe d’encouragement pour les 18 courageux jeunes qui parcouront 250 km dans les prochains jours.

L’intégration 1 km à la fois

Dix-huit jeunes immigrants et réfugiés se sont lancés vendredi dans un défi invraisemblable : parcourir en une semaine les 250 km qui séparent Sherbrooke de Québec en vélo, en ski de fond ou à la course.

L’instigateur du projet, Luc Richer, admet que l’idée est un peu folle. 

« C’est un méchant défi, mais c’est à l’image de leur parcours de vie! » commente-t-il à La Tribune quelques minutes seulement avant le grand départ. 

« Notre projet, c’est un challenge socio-sportif extraordinaire avec une thématique sur l’intégration, un kilomètre à la fois. Ce n’est pas facile de parcourir 250 km en hiver, mais avec du courage et de la détermination, on peut arriver à faire de grandes choses et c’est une belle métaphore sur l’intégration... Ce n’est pas facile de s’intégrer dans une nouvelle société, mais avec de la volonté et du courage, on peut y arriver », explique M. Richer.

« Pour le côté social de l’événement, nous nous rendons dans plusieurs écoles pour donner des conférences sur l’importance du vivre ensemble. Nous allons à la rencontre de l’autre pour développer l’ouverture, la tolérance, l’espoir. Pour montrer à tous que, immigrants comme québécois, nous ne sommes pas si différents. Il faut focuser sur ce qui nous unis », explique M. Richer.

Originaires d’une dizaine de pays, et arrivés au Québec depuis peu, les participants au Challenge admettent d’emblée que le vélo hivernal et le ski de fond n’étaient certainement pas un hobby dans leur vie jusqu’à récemment.

« Je viens d’Afrique donc je ne connaissais pas du tout la neige avant d’arriver ici », rigole Mousa Abdullah.

Est-il nerveux quelques minutes avant les premiers coups de pédale?

« Pas du tout. Je suis prêt! Je me suis entraîné fort. J’aime participer à ce genre d’activité puisque ça me permet de connaitre des gens, de me faire des amis de toutes les nationalités. Si on ne s’inscrit pas à des activités de groupe, c’est vraiment difficile de rencontrer des gens », admet-il.

Direction Québec

Le signal de départ de cette belle aventure a été donné vendredi dans la cour de l’école secondaire du Phare. Quelque 250 élèves sont d’ailleurs sortis de leur classe pour encourager les courageux participants. 

L’objectif de la première journée était d’atteindre Windsor en vélo. Samedi, le groupe se dirigera vers Richmond, en ski de fond cette fois. Ensuite Victoriaville, Plessisville, Saint-Agapit, Lévis et finalement Québec à raison d’une moyenne d’une trentaine de kilomètres par jour.

Entre tous ces kilomètres, le groupe sera hébergé dans des centres communautaires ou des écoles.

Le recrutement s’est effectué dans les derniers mois. Les jeunes intéressés à participer devaient prendre part à des séances d’entrainement. Certains se sont désistés par manque de volonté ou par peur de ne pas réussir.

« Mais maintenant, nous avons un beau groupe uni qui est prêt même si tous les jeunes ne sont pas des athlètes. Nous sommes une famille pour la prochaine semaine. Quand l’un d’entre eux aura un down, nous serons là pour l’encourager et l’aimer simplement », soutient l’organisateur du défi. 

Le Challenge polaire est organisé par Motivaction Jeunesse, un organisme fondé par Luc Richer il y a 20 ans, qui vise à contrer le décrochage scolaire, la sédentarité et la délinquance chez les jeunes défavorisés par la pratique du sport.