La Croix-Rouge canadienne a dépêché le Sherbrookois Patrick Raymond en République démocratique du Congo (RDC). L’équipe dont fait partie l’infirmier a notamment mis en place des systèmes de triage pour isoler des patients qui pourraient avoir l’Ebola.

L’infirmier Patrick Raymond combat l'Ebola

L’infirmier sherbrookois Patrick Raymond revient d’une mission en République démocratique du Congo (RDC), alors qu’un foyer de cas d’Ebola a été confirmé dans la province du Nord-Kivu. Aux côtés de ses collègues de la Croix-Rouge, le travailleur humanitaire a agi à titre de spécialiste en prévention et en contrôle des infections.

La Tribune s’est entretenue avec le travailleur humanitaire à la veille de son départ de la RDC. Ce dernier devait transiter par le Rwanda avant de revenir chez lui au cours des prochains jours. 

La Croix-Rouge canadienne explique qu’un foyer de cas d’Ebola été confirmé par le ministère de la Santé de la RDC dans le Nord-Kivu. L’organisation canadienne a dépêché sur place le Sherbrookois à titre de spécialiste en prévention et en contrôle des infections, de même que Gwen Eamer, un spécialiste en santé publique.

La maladie à virus Ebola, qui crée des symptômes comme de la fièvre et des hémorragies, est très souvent mortelle et extrêmement contagieuse.  Elle n’est pas simple à détecter. « L’Ebola est une maladie qui a les mêmes symptômes que toutes les maladies tropicales », rappelle l’infirmer, qui était à Beni. 

L’équipe de la Croix-Rouge a mis en place des systèmes de triage qui permettent d’isoler les patients au besoin afin d’éviter que ceux-ci ne contaminent d’autres personnes autour d’eux, en plus de collaborer avec les centres de santé du secteur. 

La mission de la Croix-Rouge dans le Nord-Kivu s’avère fort complexe en raison d’un conflit armé qui dure depuis des années.

« On est dans une zone de guerre. On est entouré de groupes armés. Il y a souvent des bombes autour. Ça complexifie la tâche. On parle d’une population isolée depuis une vingtaine d’années. Pendant le temps où j’étais là, il y a peut-être eu sept jours où je n’ai pas entendu de bombe. »

Les travailleurs humanitaires qui sont sur place sont là pour appuyer les autorités. Les équipes doivent aussi composer avec la culture des gens. « Ces gens-là n’ont pas été sensibilisés à la maladie », remet en contexte le Sherbrookois. Le bouche-à-oreille fait souvent en sorte qu’ils ont des préjugés face à l’Ebola. 

Des travailleurs humanitaires se penchent plus spécifiquement sur les enterrements des personnes décédées après avoir contracté l’Ebola. L’objectif est d’offrir des enterrements dignes et sécuritaires, explique l’infirmier au sujet du travail de ses collègues. « On sait très bien que les cadavres sont ultracontagieux », souligne-t-il en ajoutant que les équipes tentent de combiner la culture à la sécurité. Ceux-ci sont parfois très mal reçus par la population, qui peut se montrer très hostile à leur endroit.

Chaque volontaire a des tâches bien définies.  « Il y en a qui s’occupe des rumeurs, d’autres des enterrements, de la prévention des infections. C’est tout un travail qui est coordonné par notre équipe, par la Croix-Rouge, pour arriver à contrôler cette épidémie-là. »

Patrick Raymond a cumulé au fil des années plusieurs missions humanitaires sur le globe. Ce père de famille n’en est donc pas à sa première expérience en matière de lutte contre les maladies infectieuses. Il cite le choléra et le Marburg, « une maladie grave et souvent mortelle provoquée par un virus de la même famille que celui à l’origine de la maladie à virus Ebola », d’après l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).