Les presses qui auront servi La Tribune pendant plus de 40 ans sont en fin de vie utile. L’impression du journal sera donc transférée à Anjou.
Les presses qui auront servi La Tribune pendant plus de 40 ans sont en fin de vie utile. L’impression du journal sera donc transférée à Anjou.

L’imprimerie ferme mais le papier renaît à La Tribune

Tommy Brochu
Tommy Brochu
La Tribune
La Tribune fermera son imprimerie le 15 février prochain. Cependant, les abonnés du journal papier recevront comme à l’habitude leur quotidien en papier le lundi 17 février, puisque le journal sera imprimé à Anjou chez Transcontinental qui possède des presses plus modernes.

La situation touche douze employés réguliers et une trentaine de personnes travaillant à temps partiel. Le lecteur trouvera cependant des points positifs : les journaux seront en couleur d’un couvert à l’autre et le registre sera plus précis, puisque les presses de Transcontinental sont électroniques alors que celles de La Tribune datent du milieu des années 1970. Les abonnés recevront leur copie à leur porte à la même heure. 

« Depuis des mois, il est clair que La Tribune était en réflexion pour l’impression du journal, indique le directeur général du quotidien, Maurice Cloutier. Comme prévu dans le plan de redressement et de relance, il a été décidé officiellement d’arrêter les presses. »

Jeudi soir, la direction a remis aux employés concernés un avis de licenciement. Ils ont donc reçu un préavis payé de huit semaines. Des indemnités sont aussi prévues. « La réunion s’est bien déroulée, les gens savaient que la fermeture de l’imprimerie était fortement envisagée dans le plan de relance. Les employés savaient que l’employeur avait négocié un protocole de fermeture avec le syndicat. Il y avait également une lettre d’entente signée concernant la fermeture. Ce n’était donc pas une surprise », assure Maurice Cloutier.

Le président du syndicat des employés de La Tribune, Alain Goupil, assure que personne n’a été surpris de cette nouvelle. « C’est la première fois en plus de 40 ans qu’un licenciement collectif est annoncé à La Tribune. On est le seul quotidien au Québec qui imprime encore son propre journal. Tous les autres quotidiens sont imprimés en sous-traitance. Si on a réussi à tenir aussi longtemps, c’est grâce aux 42 hommes et femmes qui, nuit après nuit, contribuent à ce qu’on appelle “le miracle du quotidien” », souligne-t-il. 

« Les négociations ont été menées dans un esprit de respect et de collaboration, continue M. Goupil. C’était important dès le départ de trouver une entente qui reconnaîtrait leur contribution passée, mais aussi à la relance du journal. Il faut penser au futur. Quand on tient compte du contexte dans lequel l’industrie de la presse écrite se trouve présentement, l’entente qu’on a conclue leur permet de quitter de façon honorable. »

Presses usées

Les presses qui auront servi La Tribune pendant plus de 40 ans sont en fin de vie utile. « Ce sont des raisons économiques qui ont poussé la direction à prendre cette décision, en raison de la vétusté des presses. Malgré tous les efforts des employés, elles ne permettaient pas de livrer un produit concurrentiel en 2020 dans le marché de l’impression », analyse Maurice Cloutier, ajoutant que la décision est motivée par des économies importantes que pourra réaliser la nouvelle coopérative de solidarité La Tribune. 

« Les pressiers nous disaient que les presses étaient vieillissantes, renchérit Alain Goupil. Il n’y a plus de pièce qui se fait pour ce modèle. Elles ont tenu jusqu’à aujourd’hui et le mérite revient à ces artisans qui les ont entretenues durant toutes ces années. »

Les presses de La Tribune seront démantelées.

L’impression de La Voix de l’Est, qui est aussi faite dans les locaux de La Tribune, sera aussi transférée à Anjou.