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L'importance de la lecture: les clés pour animer les livres
« La situation des livres est extrêmement variable d’une école à l’autre et même d’une classe à l’autre. C’est un peu comme un jeu de loterie », estime Olivier Dezutter, professeur à l’Université de Sherbrooke en éducation et codirecteur du Collectif de recherche sur la continuité des apprentissages en lecture et en écriture.

Une place de choix pour le livre

Le ministre de l’Éducation du Québec a annoncé un investissement de 5 millions $ pour ajouter des livres neufs dans les bibliothèques scolaires, ce qui représente environ 21 $ par élève. « C’est une très bonne nouvelle de mettre l’accent sur le rôle fondamental que joue la lecture chez les enfants. Mais ce n’est pas assez. Dans notre société et dans notre système d’éducation, le livre occupe une place encore trop timide », nuance soutient Olivier Dezutter, professeur à la faculté d’éducation de l’Université de Sherbrooke et aussi codirecteur du Collectif de recherche sur la continuité des apprentissages en lecture et en écriture.

« La compétence en lecture sera le plus grand prédicteur de la réussite scolaire dès les premiers apprentissages. C’est une compétence fondamentale », souligne M. Dezutter.

Or pour apprendre à lire, il faut lire, lire beaucoup et dans toutes sortes de circonstances. Il faut développer ce goût, cet intérêt, il faut cultiver cette compétence. Il faut apprendre non seulement à décoder les mots, mais aussi à découvrir tout l’intérêt de se plonger dans une histoire, comprendre tout ce qu’un livre ou une histoire peut apporter comme bienfaits.

Or au Québec, la place du livre dans la société n’est pas égale partout. Y compris dans les écoles.

« La situation des livres est extrêmement variable d’une école à l’autre et même d’une classe à l’autre. C’est un peu comme un jeu de loterie. Dans une même école, on peut trouver des classes avec des centaines de livres et d’autres qui en ont moins de 100... » relate Olivier Dezutter.

« Ensuite on peut se poser d’autres questions : comment on place les livres en classe, quel accès on leur donne, quels sont les coins lecture et qu’est-ce qu’on achète comme livres? Là aussi, c’est très inégal », ajoute-t-il.

Ces détails ont pourtant toutes leur importance (voir autre texte).

« Une société de lecteurs »

Comme la lecture et livre ont des places à géométrie variable dans les écoles, M. Dezutter croit qu’il est temps que le gouvernement investisse de façon durable dans la littérature à l’école mais dans la société également.

« Il faut faire une société de lecteurs », ajoute-t-il.

En mai dernier, le ministère de l’Éducation du Québec a aussi annoncé qu’il financerait deux sorties culturelles par année pour tous les élèves des écoles primaires et secondaires de la province. Ça aussi, c’est une bonne nouvelle pour essayer de positionner le livre au cœur de l’apprentissage.

L’influence de cette annonce se fait d’ailleurs sentir au Salon du livre de l’Estrie, qui se tiendra du 17 au 20 octobre cette année.

« Pour les visites de groupes scolaires, nous avons 3500 inscriptions jusqu’ici et ça continue d’entrer chaque jour. Pour notre volet des virées littéraires, où les écoles vont recevoir des auteurs dans leurs classes, nous avons 68 animations réservées, soit 44 dans des écoles et les autres dans des CPE. Là aussi, c’est davatange que par les années passées », se réjouit Raphaëlle B. Adam, responsable de la programmation et de la communication au Salon du livre de l’Estrie.

Chaque année, l’organisation du Salon du livre met beaucoup d’efforts pour faire une bonne programmation jeunesse, tant pendant les journées des groupes scolaires que la fin de semaine quand les jeunes viendront visiter le salon avec leurs parents.

« En plus des activités qu’on organise, il y a aussi de nombreux auteurs jeunesse présents qu’on peut rencontrer dans les kiosques. Un salon du livre, c’est une mine de découvertes pour des livres qui vous nous intéresser », souligne Mme Adam.

« Il y a aussi de l’intérêt de la part de nos écoles pour des visites dans les bibliothèques. Nous sommes en lien avec nos partenaires comme les bibliothèques et le Salon du livre, qui s’organisent car ils sentent l’effervescence de nos écoles pour des sorties dans leurs milieux », soutient Viviane Guimond, coordonnatrice au service des ressources éducatives de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke.