Une manifestation des intervenantes en petite enfance aura lieu le 29 avril, sur le thème « Je suis attachée à vos enfants, à mes conditions de travail. »

L'impatience grandit chez les éducatrices en CPE

Les éducatrices en CPE de la CSQ se feront entendre, le 29 avril, afin de montrer leur impatience face à l'état de leurs négociations. Elles piétinent aussi pour une partie des travailleuses de la CSN, si bien qu'un conciliateur a été demandé à la table pour les pourparlers avec l'Association patronale nationale des CPE (APNCPE). Les relations sont tendues entre les deux parties.
Le Syndicat des travailleuses et des travailleurs des CPE de l'Estrie (STTCPE-CSN) représente quelque 35 CPE, regroupés au sein de deux groupes. Parallèlement, trois CPE négocient aussi de façon indépendante.
Le syndicat a bon espoir que le dossier soit réglé cet automne avec l'Association patronale des CPE de l'Estrie. Or, les relations entre le STTCPE-CSN et l'APNCPE sont difficiles. L'APNCPE représente environ 14 CPE.
Des moyens de pression sont exercés depuis Noël afin de dénoncer la lenteur des négociations.
Négociations difficiles
« L'Association a déposé une plainte pour négociation de mauvaise foi parce qu'on ne veut pas une seule convention collective pour les quatre régions représentées. L'APN judiciarise tout », a fait valoir la présidente du STTECPE, Stéphanie Vachon. Elle souligne que les parties attendent la décision du tribunal du travail dans ce dossier. Des travailleuses ont notamment commencé à porter un t-shirt noir. Il n'est cependant pas question de grève pour le moment.
Au plan salarial, les demandes s'apparentent à ce qui a été offert au secteur public, note Mme Vachon. Le syndicat demande un montant forfaitaire de 30 cents pour chaque heure travaillée, 1,5 % pour la deuxième année, 1,75 % pour la troisième année, 2 % la quatrième année et un montant forfaitaire de 16 cents par heure travaillée en 2019.
À l'APNCPE, la porte-parole Chantal Bellavance indique que le noeud du problème repose sur la volonté du syndicat que la partie patronale se joigne à la table nationale. Or, celle-ci ne veut pas en faire partie. Depuis quelques années, le ministère de la Famille donne les grandes lignes à suivre à propos des échelles salariales et la très grande majorité les respecte, fait-elle remarquer.
Le STTCPEE-CSN et d'autres instances de la CSN ont convoqué une conférence de presse mardi à propos de cet enjeu.
À la CSQ, le Syndicat des intervenantes en petite enfance de l'Estrie (SIPEE-CSQ) estime que les deux parties sont peu avancées dans les négociations. L'aspect financier n'est toujours pas réglé, explique Isabelle Prince, la vice-présidente du SIPEE. 
« Ça avance, mais vraiment à pas de tortue. Ce qui se règle, ce ne sont pas des choses importantes. On nous offre moins que le secteur public. » 
En Estrie, le SIPEE (rattaché à la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec [FIPEQ-CSQ]) représente quelque 72 travailleuses. Les négociations se déroulent à trois niveaux, dont au provincial pour la question salariale.
Un plan d'action regroupant aussi Montréal, Québec et l'Abitibi a été adopté, mais il n'est pas encore question de grève. Les moyens de pression s'en tiennent pour le moment à l'affichage d'autocollants, entre autres. La manifestation aura lieu le samedi 29 avril, au parc des Quatre-Pins à Sherbrooke, à 10 h. L'événement se déroulera sur le thème « Je suis attachée à vos enfants, à mes conditions de travail ».