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La popularité du télétravail incite les Québécois à déménager en périphérie des grandes villes, estime l’urbaniste Marc-Antoine Côté.
La popularité du télétravail incite les Québécois à déménager en périphérie des grandes villes, estime l’urbaniste Marc-Antoine Côté.

L’impact du télétravail sur les petites municipalités

Tommy Brochu
Tommy Brochu
La Tribune
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L’arrivée du télétravail force des petites municipalités à revoir leur périmètre urbain.

« Les prévisions des périmètres urbains, qui sont souvent établis pour 15 ans, devront être repensées plus rapidement, à court ou moyen terme, pour composer avec l’arrivée de nouveaux arrivants », explique l’urbaniste sherbrookois Hugues Thivierge, qui assure que des municipalités y réfléchissent déjà. « La demande est là », ajoute-t-il.

« Les municipalités vont devoir organiser des stratégies pour prévoir adéquatement ce développement, qui va demander des services », poursuit M. Thivierge.

Le déplacement de population vers les petites municipalités amène du positif et du négatif. « La personne qui arrive de la grande ville veut tous les services de la grande ville, mais dans une petite municipalité », exprime Marc-Antoine Côté, un urbaniste qui travaille à son compte.

L’arrivée de plus de citoyens amène plus de revenus, mais également plus de dépenses. « Quand on développe de nouveaux secteurs, s’ils s’établissent le long de routes existantes et de réseaux existants, c’est une chose. Mais parfois, quand ce sont de nouveaux développements, il faut faire de nouvelles rues et parfois engager un deuxième inspecteur », analyse M. Côté.

« Les municipalités ont des budgets et doivent dépenser l’argent au meilleur endroit. De l’autre côté, les contribuables ne veulent pas que les taxes montent. Mais les taxes foncières sont les seuls revenus des municipalités », rappelle l’urbaniste, qui observe que le télétravail « amène les gens à déménager dans la deuxième ou la troisième colonne des grandes villes » et que des gens quittent les grands centres pour les banlieues depuis plusieurs années déjà.

Cette tendance pourrait également jouer en faveur des propriétaires de terrains. « Au-delà des municipalités qui revoient leur planification, je constate aussi des propriétaires de grandes superficies qui considèrent maintenant de les développer en développements privés pour profiter de cet engouement », lance la consultante en urbanisme Marie-Claude Lamy.

Les abus seront aussi à surveiller. « Une entreprise en excavation qui décide de se faire un bureau à la maison, mais qui stationne son camion et sa pépine dans sa cour, imaginez les voisins tous les matins quand ça part », lance M. Côté en exemple, ajoutant qu’il y a une limite à ce qu’on peut amener à la maison.