Bruno Nadeau est propriétaire de l’hôtel Albert depuis 26 ans, mais y travaille depuis presque 40 ans.

L’hôtel Albert à vendre

L’heure de la retraite sonne pour le propriétaire de l’hôtel Albert, Bruno Nadeau. Celui qui possède l’institution de la rue King Est, qui est sur pied depuis 1901, tente actuellement de vendre au coût de 398 000 $.

L’homme, qui est propriétaire de l’hôtel depuis 26 ans, mais qui y travaille depuis 38 années, ne vend pas de gaieté de cœur. « Ça me fait quelque chose, confie-t-il. Je suis rendu à 64 ans. C’est le temps de passer à autre chose. J’ai beaucoup aimé ça. Quand on est jeune et qu’on a de l’énergie, c’est facile, mais en vieillissant, ça devient plus difficile. L’endurance n’est plus comme elle était », analyse-t-il, ajoutant que les affaires vont encore bien. 

M. Nadeau a passé par toutes les étapes avant de devenir le propriétaire. « J’ai commencé comme serveur, après je suis devenu gérant et j’ai acheté en 1992. Quand j’ai acheté, j’étais déjà gérant depuis quatre ou cinq ans. Les clients ne s’en sont pas aperçus. Je n’ai pas fait de changements majeurs. Autrement dit, depuis 1980, c’est pas mal la même affaire », se rappelle-t-il.

Est-ce que ça fait longtemps que M. Nadeau pense à vendre son établissement? « Ça fait environ six mois que j’y pense, mais elle est à vendre depuis deux mois, explique-t-il. J’ai reçu trois appels, mais une offre sérieuse. Les deux autres, à mon idée, c’est moins sérieux, mais on ne sait jamais. Je ne suis pas pressé. Je continue à vivre. Si ça prend un an ou deux, on va les prendre. C’est sûr que j’aimerais mieux vendre. »

De plus, selon lui, l’image de son entreprise ne colle pas à sa réputation. « Je sais que l’hôtel a une mauvaise réputation. Par le passé, c’était un hôtel qui était très dur, côté bataille. Il y avait de la chicane souvent. La réputation est restée, mais il n’y a plus cela aujourd’hui. Les gens ne se battent plus dans les bars. Il y a un petit accrochage peut-être une fois par année, mais c’est comme ça dans tous les bars », assure-t-il.

De père en fils

L’hôtel Albert a une valeur sentimentale pour Bruno Nadeau, qui a acheté l’institution de son père dans les années 1990. « Il est décédé en avril, commente M. Nadeau. J’ai décidé de vendre après son décès. »

Est-ce que M. Nadeau aurait aimé avoir de la relève afin de garder l’hôtel dans la famille? « Je n’ai jamais pensé à ça. J’ai seulement un fils et il a un très bon emploi avec de la sécurité, chose qu’on n’a pas. Il y a beaucoup moins de stress et de trouble », avoue M. Nadeau. 

Nul ne sera surpris de croiser M. Nadeau au 77 King Est, une fois que l’entreprise sera vendue. « Si ça reste un bar, je vais venir faire un tour. Peut-être pas à tous les jours, mais souvent. Je connais tout le monde. L’acheteur potentiel le plus sérieux veut garder le bar. Il veut rénover en haut et en bas », dit-il, réjoui.

Sa retraite, Bruno Nadeau la vivra au jour le jour, se trouvera peut-être un emploi pour passer le temps et fera de la moto avec sa femme.