L’hiver, les maisons sont soumises à rude épreuve par temps froid et elles le font entendre, expliqueClaude Beaudoin, enseignant en charpenterie au Centre 24-Juin.

L'hiver, nos maisons nous parlent

Ce n’est pas des clous qui se fracassent, encore moins des fantômes ou quelconque phénomène paranormal. L’hiver, les maisons sont soumises à rude épreuve par temps froid et elles le font entendre.

Plusieurs ont tendance à croire que les clous éclatent, la nuit quand le mercure chute sous les moins 20 degrés, mais il n’en est rien, assure Claude Beaudoin, enseignant au Centre 24-Juin de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke.

« Une maison, c’est vivant! Il faut que ça bouge », lance ce passionné de charpenterie.

« Il faut savoir que les matériaux vont se contracter et se relaxer selon la température. L’humidité dans le bois par exemple va faire prendre de l’expansion ou se contracter. Ça agit un peu comme une éponge, comme une cellule d’air dans les matériaux. Ce ne sont pas les clous, car il ne resterait plus de maison debout! »

Le chaud et le froid ont un impact sur les structures, qu’elles soient à la chaleur ou au froid comme les sections de ferme de toit. Le bois va rétrécir ou allonger selon les variations de température, dit l’enseignant en charpenterie et menuiserie au centre de formation professionnelle.

« Ce qu’on va entendre c’est les filaments du bois qui craquent, explique-t-il à La Tribune. C’est normal. »

« Il y a plusieurs éléments qui peuvent boucher dans une maison. Les fenêtres en vinyle sont faites pour se contracter et se redresser selon la température. »

La résidence de M. Beaudoin est devenue avec le temps une sorte de « laboratoire » servant à approfondir la science des effets de l’hiver sur les maisons québécoises. Il en est venu par exemple à prendre des lectures de sa consommation d’électricité et de la température des murs pour déterminer le « point de rosée » idéal.    

Les techniques de construction ont évolué depuis plusieurs années. On a vu des maisons bouger beaucoup trop, des fentes et des fissures se créant dans les murs et les portes intérieures. « On a vu ça dans les années 80 et 90. Des fois, il se créait des espacements d’un demi-pouce entre le mur et le plafond. Ce sont des fermes de toit qui se soulevaient. Il fallait installer des moulures pour cacher le trou en la clouant seulement au mur… », se souvient-il.

« Le froid, c’est très dur pour une maison. Le chaud et le froid, ça crée des fissures. C’est pour cela qu’il faut inspecter sa maison le printemps et l’automne afin de déceler les trous qui pourraient laisser entrer l’eau. »

Besoin de respirer

Si nos maisons sont vivantes, elles doivent respirer. La ventilation demeure l’une des clés pour garder sa maison en santé lors de la saison froide. Trop laisser entrer d’air de l’extérieur peut faire grimper la facture de chauffage, commente l’enseignant.

« L’important, c’est de garder une bonne circulation d’air dans la résidence quand il fait froid. Ça peut être avec un ventilateur au plafond. C’est important de garder un taux d’humidité entre 32 et 52 pour cent », souligne M. Beaudoin.

« On voit souvent du givre dans les fenêtres. On a tendance à faire sortir l’air de la salle de bain quand on prend une douche. Cet air peut aider à garder un taux d’humidité dans les pièces, car l’hiver c’est sec dans les maisons. Aussi, on voit que les gens ont tendance à baisser la température dans les pièces dont on ne se sert pas, mais quand on ouvre la porte, ça cause un changement de température dans le reste de la maison. »

Claude Beaudoin croit que les évolutions technologiques prendront une grande place dans nos maisons. Il voit poindre de nouveaux matériaux encore plus efficaces, qui permettront d’isoler encore mieux les murs et les plafonds. Les maisons intelligentes feront faire d’importantes économies au chapitre du chauffage. 

Un aspect qu’il ne manquera pas de suivre attentivement.