Dans son édition de mercredi, le Stanstead Journal a annoncé à ses lecteurs qu’il ne fera plus paraître qu’une dizaine d’éditions par année au lieu d’une cinquantaine comme cela est le cas depuis de très nombreuses années.

L’hebdomadaire Stanstead Journal devient un mensuel

La nette diminution de la fréquence de parution du Stanstead Journal créera une forme de vide dans le secteur de Stanstead, où l’hebdomadaire anglophone compte de nombreux lecteurs fidèles.

Dans son édition de mercredi, le Stanstead Journal a annoncé à ses lecteurs qu’il ne fera plus paraître qu’une dizaine d’éditions par année au lieu d’une cinquantaine comme cela est le cas depuis de très nombreuses années.

« On deviendra davantage un magazine dans le futur. Notre journaliste, Victoria Vanier, pourra notamment faire des portraits plus longs. On aura des éditions 24 pages sur du plus beau papier. Mais c’est certain que nos abonnés devront nous suivre. En fait, si tout le monde commence à se désabonner, on ne pourra pas réaliser ce projet », explique le président de l’hebdomadaire, Jean-Yves Durocher.

En parallèle, M. Durocher entend créer une édition numérique du Stanstead Journal, vraisemblablement le plus vieil hebdomadaire au Québec. Ce journal créé il y a près de 175 ans a déjà été nettement plus présent sur internet, mais il a délaissé cet environnement pour des raisons stratégiques il y a plusieurs années de cela.

Le grand patron de l’hebdomadaire admet que le manque de soutien de la part du gouvernement fédéral est en partie responsable de la décision qu’il a prise. « Je pensais qu’Ottawa apporterait une vraie aide aux journaux imprimés, mais il se contente de créer des comités sur l’avenir des journaux », déplore-t-il.

Dans la foulée, Jean-Yves Durocher reproche au gouvernement de Justin Trudeau de faire preuve de complaisance envers les médias sociaux, dont Facebook et Twitter, qui sont accusés de nuire aux journaux, radios et chaînes télé partout en Amérique du Nord.

« Vous n’avez qu’à aller sur le site internet de Patrimoine canadien. En arrivant sur la page d’accueil, vous verrez qu’on vous invite à consulter Facebook, Twitter et autres pour obtenir différentes informations concernant les activités de cet organisme fédéral. On nous envoie donc vers des entreprises américaines pour nous informer. »

Une « perte »

« On est déçu d’apprendre que le nombre de parutions de cet hebdo diminuera. Ce sera une perte. Je le lisais à toutes les semaines. La lecture d’un journal, c’est une habitude qu’on prend. Et puis, pour la communauté anglophone, ce journal-là est important. Oui, c’est vrai que le Sherbrooke Record existe, mais il ne parle pas tant que ça de notre secteur », fait valoir le maire de Stanstead, Philippe Dutil.

M. Dutil renchérit en notant que le Stanstead Journal constituait la principale, sinon la seule, source d’information pour de bon nombre de personnes.

« C’est encore plus plate pour les gens qui vont peu ou pas s’informer sur internet parce qu’ils perdent une source d’information importante, affirme le maire de Stanstead. C’est un journal historique alors il y a des gens âgés qui le lisent depuis très, très longtemps. »

Dans la foulée, M. Dutil souligne que le Stanstead Journal aimait rappeler des faits historiques à ses lecteurs. « Il nous racontait des histoires vécues il y a des décennies. Par exemple, l’autre jour, il rapportait que, dans les années 1970, des jeunes de la région avaient trouvé un ballon gonflé à l’hélium lancé à des centaines de kilomètres d’ici. Un de ces jeunes était le préfet de la MRC de Memphrémagog, Jacques Demers. »