Eliane Bolduc et Émilie Bertrand du Séminaire de Sherbrooke (collégial) ont remporté la finale régionale de l’Estrie.

L’Expo-sciences régionale récompense un protocole pour les producteurs laitiers

Deux étudiantes participant à la finale régionale de l’Expo-sciences ont trouvé un protocole pour dépister la mammite, une inflammation bactérienne des mamelles, ce qui pourrait venir en aide aux producteurs laitiers.

Eliane Bolduc et Émilie Bertrand, deux finissantes du Séminaire de Sherbrooke collégial, sont les grandes gagnantes de la finale régionale de l’Expo-sciences. En plus de représenter l’Estrie à la grande finale en Mauricie, les deux étudiantes se partageront une bourse de 750 $.

« On voulait élaborer un protocole pour aider les producteurs à gérer la maladie qui est la première cause d’utilisation d’antibiotiques sur les fermes. Il y a deux phases : dans la première, la vache n’a pas de symptôme, mais est moins productive. Dans la deuxième, la vache peut mourir dans les 24 heures », affirme Eliane Bolduc.

Le protocole qui a été vulgarisé par les deux étudiantes est assez rapide, facile et peu coûteux. « Aux résultats de cette analyse, on s’est rendu compte qu’on peut éviter des pertes de milliers de dollars, assure Émilie Bertrand. On s’est aussi rendu compte qu’on peut se faire donner de l’argent, car notre lait est de meilleure qualité. Il y a aussi un avantage médical : lorsqu’une vache est traitée assez tôt, elle n’aura aucun symptôme. On vient traiter la vache de manière préventive. »

Si le taux de globules blancs dans le lait est élevé, les scientifiques en herbe conseillent de prélever du lait, le diluer dans l’eau, mettre cela sur un Pétrifilm (un milieu de culture fait pour deux types de bactéries). Après quelques étapes et un délai d’entre 12 et 48 heures, les deux jeunes femmes sont capables de sauver les vaches en état critique et savoir quel antibiotique donner sans créer d’antibiorésistance.

Eliane Bolduc, qui a passé une bonne partie de sa vie sur la ferme, était consciente du problème. « J’ai grandi sur une ferme laitière. On ne savait jamais comment traiter spécifiquement nos vaches. Celles-ci pouvaient en mourir. Il fallait mettre la pharmacie au complet dedans et croiser les doigts. J’ai commencé à travailler avec ma vétérinaire en 2012 pour trouver des solutions. En 2015, j’en suis venu à un protocole efficace. On a continué à faire évoluer ce protocole. Avec Émilie, on a travaillé pour le vulgariser et le rendre accessible », indique-t-elle.

Est-ce que les jeunes femmes songent à commercialiser leur idée? « On se le fait souvent demander, sourit Émilie Bertrand. L’idée n’est pas mauvaise, mais pour le moment, tout ce que l’on veut faire, c’est de sensibiliser les fermiers à appliquer ce protocole. Pour ce qui est du matériel, c’est accessible. On veut proposer aux producteurs laitiers à le faire eux-mêmes. »

Un bel événement

Plus de 2500 personnes ont visité les 175 kiosques de l’Expo-sciences de l’Estrie. L’événement, qui se déroulait au Centre culturel de l’Université de Sherbrooke, a connu un vif succès selon l’agente de communications Qued Technoscience Estrie, Érika Le Bourdais. « On a eu plus d’exposants et beaucoup plus de visiteurs qu’à l’habitude. Plusieurs jeunes nous disaient qu’ils étaient heureux d’en apprendre encore plus sur leur sujet, car ce sont des experts du milieu scientifiques qui viennent les évaluer », indique-t-elle.