Francisco Blanco a reconnu avoir fait du leurre informatique non seulement sur cette victime, mais aussi sur deux autres mineures âgées de 11 ans.

Leurre informatique de trois ados : Blanco veut être traité

« Avant les événements, je n’avais jamais eu de crainte par rapport aux réseaux sociaux. Jamais je n’aurais imaginé que des hommes beaucoup plus âgés que moi viennent m’aborder »

Cette adolescente victime avait à peine 14 ans lorsqu’elle a été abordée par la messagerie de Facebook par Francisco Blanco de Sherbrooke.

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Les compliments ont rapidement fait place aux propos de nature sexuelle puis à l’envoi de photos sexuellement explicites.

L’individu de 23 ans a reconnu avoir fait du leurre informatique non seulement sur cette victime, mais aussi sur deux autres mineures âgées de 11 ans.

Devant la juge Julie Beauchesne de la Cour du Québec, il a plaidé coupable, mardi, à six accusations de leurre informatique et d’avoir transmis du matériel sexuellement explicite à trois personnes mineures entre décembre 2016 et octobre 2017.

À la suite d’une suggestion commune de la procureure aux poursuites criminelles Me Joanny Saint-Pierre et de l’avocat de la défense Me Jean-Guillaume Blanchette, Blanco a été condamné à deux ans moins un jour de prison.

Pour les trois victimes, il apparaissait clair qu’elles avaient 11 et 14 ans. Il a joint ses victimes sur Messenger. Il décrivait des scénarios de nature sexuelle et envoyait des photos de lui-même et de ses organes génitaux.

« Après des conversations normales, il a commencé à me complimenter. J’étais mal à l’aise de la différence d’âge. Je lui ai rappelé que j’étais mineure. Je lui avais fait part de mon insécurité. Je suis maintenant plus méfiante par rapport aux réseaux sociaux », a exprimé l’une des victimes.

Lors de la lecture de la lettre de la victime Blanco regardait au sol. Même scénario lorsque la mère de la victime est venue témoigner.

« J’avais le code d’accès de mes filles et j’allais voir les conversations. Je leur ai fait confiance jusqu’à ce que je sois avisée par un ami de ces conversations. J’étais virée à l’envers lorsque j’en ai pris connaissance. J’ai peur que ça se passe encore. J’ai vécu de la honte face à cette situation. J’ai aussi vécu de la peur » a indiqué la mère des victimes.

Francisco Blanco a été condamné à deux ans moins un jour de prison pour des crimes de leurre informatique. Il devrait purger sa peine au centre de détention de Percé spécialisé dans le traitement des délinquants sexuels.

La juge Beauchesne a tenu à la rassurer.

« Vous avez aussi été indirectement victime. C’est l’accusé qui doit avoir honte, pas vous. Vos filles ont été assez brillantes de ne pas répondre. Vous avez fait un bon travail », a souligné la juge Beauchesne.

Blanco présente un profil particulier. Une évaluation psychologique a été déposée au tribunal. « L’accusé présente des lacunes dans ses relations interpersonnelles. Il s’est tourné vers de jeunes filles qui ne le rejetaient pas. Il ne présente pas un profil pour passer à l’acte. Il n’y a pas d’indication liée à une problématique de pédophilie. Il a senti que les victimes ne le rejetaient pas dans un contexte de distorsion cognitive », a précisé la juge Beauchesne en reprenant des passages du rapport psychologique déposé au tribunal.  

Me Blanchette confirme qu’un processus thérapeutique a été entrepris par son client avec le CIVAS-Estrie. 

Francisco Blanco a insisté pour être détenu à Percé où il souhaite entreprendre une thérapie spécialisée pour le programme de délinquant sexuel.

Francisco Blanco sera inscrit à perpétuité au registre des délinquants sexuels.