La professeure Larissa Takser, l’investigatrice principale de l’étude GESTE, espère que les familles estriennes poursuivront le projet pour le suivi des enfants de 8 à 10 ans.

L'étude GESTE obtient 1 M$: les participants du début recherchés

L’étude Grossesse et enfant en santé et environnement (GESTE) du Centre de recherche du CHUS, déjà en marche depuis 10 ans, se poursuit avec un nouveau volet d’imagerie cérébrale. Une subvention de plus d’un million de dollars permet la tenue de cette recherche d’envergure.

Les National Institutes of Health (NIH) ont reconnu la qualité et l’importance de la recherche GESTE. « Ça permettra d’effectuer tout le suivi auprès des enfants. Cet argent-là va couvrir pendant cinq ans le suivi et l’analyse de données », explique la porteuse du projet, la professeure titulaire au département de pédiatrie de la faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke Larissa Takser. 

GESTE évalue l’effet des contaminants environnementaux et de l’écosystème intestinal sur le risque des troubles d’attention et d’hyperactivité chez les enfants. Pas moins de 800 femmes enceintes de l’Estrie ont été recrutées dans les années 2008-2009 afin que le Centre de recherche puisse suivre le développement de leurs enfants à chaque tranche d’âge précise.

Le volet d’imagerie cérébrale est d’ailleurs une avancée importante pour l’étude. « Ça coute très cher. Il n’y a pratiquement aucun centre qui peut faire ce genre de recherche. Ça demande beaucoup d’expertise. Le centre de recherche au CHUS est un des meilleurs au Canada », explique Mme Takser.

Au total, 760 enfants à la naissance faisaient partie de l’étude. Pour les tests à l’âge de 6-7 ans, ce sont seulement 360 enfants qui étaient encore impliqués. « On est en train de perdre des familles à chaque étape », commente la professeure. Mme Takser vise un nombre de 500 familles pour les tests de l’âge 8-10 ans.

« On espère les retrouver, c’est ça le défi. Si les familles se souviennent qu’elles étaient recrutées, elles sont les bienvenues de revenir. »

Résultats différents

À ce stade-ci de l’étude, Mme Takser affirme que les résultats de l’Estrie seront différents des autres pays. « C’est la première fois que l’étude est réalisée dans une population favorisée, l’Estrie c’est une belle qualité de vie, explique-t-elle, toutes les femmes sont suivies de la même façon, de manière égale. La qualité de données et du système est une opportunité unique. »

Mme Takser espère partager les résultats préliminaires de l’étude sous peu. « On pense qu’il y a des mécanismes protecteurs qui peuvent protéger les enfants de perte de Q.I. ou de choses comme ça, entre autres une bonne alimentation, explique-t-elle. L’objectif est de partager les meilleures façons d’élever les enfants, même si l’eau est polluée par exemple ».

Les mécanismes de protection sont l’aspect central de l’étude GESTE. « Peu importe ta génétique, si tu es dans un bon environnement, tu peux rester en santé longtemps. Tu peux être porteur d’une dizaine de maladies, sans jamais qu’elles soient déclenchées. »

Les principaux conseils seront des outils afin d’éviter ces déclencheurs de maladie environnementaux. GESTE veut partager les bonnes habitudes à prendre, plutôt que de lister les habitudes qui seraient néfastes.

« C’est comme les fumeurs, s’ils mangent bien, ils peuvent réduire les effets négatifs », illustre Mme Takser.