Ève Mercier et Justine Lapierre, élèves du Séminaire de Sherbrooke, se rendront en Australie dans le cadre d’un échange. On les voit ici avec Geneviève Roussin, enseignante d’anglais, en compagnie de Veronica Siedlecki et Ellin Minogue, des Australiennes qui ont décidé de parfaire leur français à Sherbrooke.

L’étranger, un facteur d’attraction

L’intérêt des jeunes pour l’étranger se fait sentir au Cégep de Sherbrooke, où il s’agit même d’un facteur d’attraction, estime Chantal Laplante, conseillère pédagogique à l’internationalisation au cégep.

À ses yeux, l’offre de séjours pédagogiques à l’étranger fait maintenant partie des facteurs de choix des jeunes lorsqu’ils décident où ils iront étudier.

L’intérêt se fait sentir dans les questions des jeunes du secondaire qui réfléchissent à leur futur lieu d’études : ils veulent en connaître davantage sur l’offre de séjours à l’étranger.

« Plusieurs personnes vont choisir le Cégep de Sherbrooke parce qu’il y a des séjours à l’étranger », dit-elle en citant la longue tradition de l’établissement dans ce domaine.

« Au Cégep, dans notre projet éducatif, on a la volonté d’internationaliser l’éducation », souligne-t-elle. Cette année, 175 étudiants prennent part à des séjours pédagogiques à l’étranger. Annuellement, ce chiffre oscille entre 150 et 250.
Chantal Laplante rencontre les jeunes lors de formation prédépart. « J’en ai beaucoup qui n’ont jamais pris l’avion », note-t-elle.

La plupart des jeunes sont déjà allés en tout inclus avec leurs parents dans le Sud, une bonne partie a déjà fait des séjours à des endroits comme l’Ouest canadien, d’autres en Europe avec leurs parents. De plus en plus, les jeunes arrivent au cégep et ils ont déjà vécu une expérience à l’étranger au secondaire.

Formation clé en main

« Effectivement, les jeunes n’ont jamais autant voyagé. Il faut une formation clé en main parce que les jeunes sont beaucoup dans l’instantané », commente-t-elle. Le concept de préparation est parfois un peu flou, souligne-t-elle. Par exemple, certains ne verront pas nécessairement l’importance d’apprendre une langue parce qu’ils peuvent se débrouiller avec leur téléphone intelligent... en oubliant que la technologie ne fonctionnera pas là où ils se trouvent. La mobilité des professeurs est aussi très grande; plusieurs se tournent vers l’international pour développer leur expertise, fait valoir Mme Laplante.

Juste avant les Fêtes, le Séminaire de Sherbrooke accueillait pour la toute première fois des élèves venus directement de l’Australie jumelés à des élèves de l’établissement, en collaboration avec l’organisme Éducation internationale. Ils proviennent de Brisbane.

« Le français n’est pas une langue qui est parlée beaucoup localement, mais faisant partie du Commonwealth, ancienne colonie britannique, ils ont gardé un certain héritage culturel de l’Angleterre, et en Angleterre, c’est commun d’apprendre le français. Ça a été transmis là-bas dans le système d’éducation », explique Geneviève Roussin, enseignante en anglais au Séminaire de Sherbrooke.

Alors que l’Australie fracassait encore d’autres records de chaleur avec des 47 degrés, les jeunes invités découvraient les froids extrêmes de notre province. « Je pensais perdre mes jambes », lance en riant l’Australienne Veronica Siedlecki.
Ellin Minogue est venue parfaire son français ici en sol sherbrookois. Ayant habité la Nouvelle-Calédonie (une île francophone) et ayant fait de l’immersion en français, la jeune fille se débrouille très bien en français. « J’adore le Québec. C’est cool. Il fait quand même un peu frais! »

Alors que la visite de l’Australie repart dimanche, les élèves du Séminaire se rendront en sol australien. Pourquoi cette envie? 

« J’avais envie de découvrir de nouvelles cultures... et un peu pour m’enfuir du froid... Ça m’intriguait de voir comment on vivait là-bas. On peut visiter là-bas, mais de vivre dans une famille, c’est là que tu vis vraiment la culture », lance Ève Mercier, qui s’y rendra en mars. Justine Lapierre, de son côté, raconte qu’elle a toujours voulu aller en Australie. « C’est mon rêve », dit celle dont le rêve deviendra réalité.

On a parfois l’impression que la moyenne d’âge avant de prendre l’avion pour la première fois a fortement diminué ces dernières années.

« Les familles voyagent beaucoup plus qu’avant, mais elles ne voyagent pas nécessairement dans des destinations scolaires. Elles vont beaucoup dans le Sud ou sur la côte est américaine, ce qui amène l’école à offrir des voyages éducatifs différents. On veut amener les jeunes à voir autre chose et à voir les choses différemment », note Mme Roussin, également coordonnatrice du programme d’échange Québec-Australie.

En mai, elle partira avec des élèves en Écosse.

« La culture du voyage a beaucoup évolué, elle est beaucoup plus accessible. Les gens donnent plus priorité à ça. Ils préfèrent peut-être avoir une maison moins vaste pour pouvoir aller plus souvent en vacances. Ils voyagent plus avec leurs enfants qu’avant. »