Les données amassées par Valoris ainsi que les quatre études menées à partir d’une modélisation démontrent que sept maisons seront affectées par les odeurs et que 1 191 000 tonnes de GES seront produites au cours des 54 prochaines années.

LET à Bury : Valoris produira 1,2 M de tonnes de GES

Valoris a présenté aux citoyens quatre études d’impact sur l’environnement réalisées à partir d’une modélisation calculée sur une durée de 54 ans, durée de vie estimée de l’agrandissement du lieu d’enfouissement technique. Selon leurs calculs, sept maisons se trouvent dans une zone où six contaminants seront présents à des taux plus hauts que la norme permise.

Les études, présentées par leurs auteurs respectifs afin de pouvoir fournir des réponses aux questions du public, ont aussi apporté leur lot de questionnements. Les trois enjeux préoccupant le plus la population, soit la question des odeurs, de la contamination de l’air et du bruit ont chacun fait l’objet d’une étude et ont été discutés en détail dans le cadre d’un atelier présenté à East Angus jeudi. 

Odeurs et contaminants

En ce qui a trait à la dispersion atmosphérique des contaminants, les trois activités susceptibles d’émettre le plus de biogaz sont l’enfouissement des matières résiduelles, la gestion des eaux usées (lixiviat) et le compostage. Pas moins de 41 contaminants seront dégagés par le nouveau LET au cours de sa durée de vie, dont 35 eux en proportion respectant les normes et critères gouvernementaux, dégageant tout de même des odeurs nauséabondes.

« On retrouve six contaminants dans l’air qui dépassent les normes et critères en termes d’unités odeur, explique Guillaume Nachin, chargé de projets en environnement chez TetraTech. Les concentrations sont tout de même assez basses, allant de 130 % à 185 % de la valeur limite. »

La modélisation démontre que la zone où se trouve les six contaminants en quantité excessive couvre environ un kilomètre à la ronde du centre de tri, englobant sept résidences situées sur les chemins Éloi, Bernard et du Bassin. De plus, environ sept autres résidences se trouvent à la limite de la zone critique établie. 

« On remarque que les odeurs se font sentir majoritairement dans la nuit ainsi qu’au petit matin à cause de la tranquillité de l’air, a soulevé Denis Gélinas, directeur général par intérim de Valoris. Pour accommoder les résidents qui se trouvent dans la zone de forte concentration, on veut se tourner vers des solutions pour atténuer les odeurs, tels l’épandage d’argile ou de mousse, la diffusion d’aérosol dans l’air ou le recouvrement rapide des matières résiduelles. Si c’est impossible de baisser les taux de concentration, on regardera les options qui s’offrent à nous, mais on n’est pas rendu à considérer une relocalisation pour ces gens. »

Émission de GES

Construire le nouveau LET et l’exploiter provoquera l’émission de centaines de milliers de tonnes de gaz à effet de serre. En 54 ans de vie utile et dans les années après sa fermeture, il produira 1,2 million tonnes de GES, un chiffre impacté par la perte des 29,5 acres de forêt qui devront être coupés pour réaliser le projet.

« On estime que la plus grande partie des GES produits sera le résultat de l’enfouissement des matières organiques, suivies des émissions fugitives qui subviennent dans les années après la fermeture, précise Laurence Goesel, spécialiste en études environnementales et sociales chez Environnement Canada. Les trois gaz à effet de serre qui seront produits sont le dioxyde de carbone (CO2), le méthane et l’oxyde nitreux. »

Les données recueillies par l’équipe de chercheurs ont démontré que la circulation des camions ne représentait pas une source importante de pollution et que la hausse de l’achalandage de devrait pas embouteiller le système routier environnant. Le bruit ne devrait pas non plus causer trop de tort aux citoyens qui habitent à proximité. Les chercheurs ont aussi présenté les programmes de suivi environnemental qui seront entrepris au cours du projet ainsi qu’à la fin de sa durée de vie utile.