Le Dr Stéphane Tremblay, président-directeur général du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, et le Dr Alain Poirier, directeur de la Santé publique de l’Estrie.
Le Dr Stéphane Tremblay, président-directeur général du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, et le Dr Alain Poirier, directeur de la Santé publique de l’Estrie.

L’Estrie reste bien campée en zone « orange pâle »

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Sherbrooke – Toujours bien campée en zone « orange pâle », la région de l’Estrie chemine vers un retour au palier de préalerte jaune. Il s’agit d’une bonne nouvelle pour les Estriens, puisque des mesures plus importantes pour limiter la propagation de la COVID-19 ont été annoncées pour les zones rouges du Québec lundi.

« On ne veut surtout pas tomber en zone rouge. Pour le moment, nous sommes bien plus du côté du jaune, jaune orange, que vers le rouge », a expliqué le Dr Alain Poirier, directeur de la Santé publique de l’Estrie.

« Je dirais que la situation s’est stabilisée en Estrie », explique-t-il.

Pour mesurer les couleurs de palier décernées à chaque région, il y a quatre indicateurs à suivre. « Le premier est l’incidence, soit le nombre de nouveaux cas par jour. Sauf une journée, dans la dernière semaine, nous étions plutôt dans le jaune que dans l’orange », a indiqué le Dr Poirier.

Un autre facteur est le taux de positivité parmi les tests de dépistage effectués. « Nous devons nous situer à moins de 3 % de tests positifs, et nous sommes toujours entre 1 et 3 % », a-t-il ajouté.

Il y a enfin l’épineuse question de la capacité du système de soin dans la région. Dans certaines régions du Québec, la situation est actuellement difficile. En Estrie, avec huit hospitalisations liées à la COVID-19 et personne se trouvant aux soins intensifs depuis plusieurs semaines, la capacité du système est encore bonne.

« Il y a d’autres critères, mais ils ne sont pas encore utilisés, ils sont encore à l’étude au ministère pour voir dans quelle mesure on peut bien les utiliser », a ajouté le Dr Poirier, citant par exemple les éclosions.

« Le nombre d’éclosions est un indicateur qui n’est pas encore utilisé, car c’est difficile de mesurer son impact réel », a mentionné le Dr Poirier.

Si une éclosion survient dans un CHSLD, dans un hôpital, dans une école ou dans une entreprise privée sans service à la clientèle direct, l’impact ne sera bien entendu pas le même sur le nombre de personnes à risque de devenir positives à la COVID-19.

Et la situation de ces éclosions en Estrie, parlons-en justement.

La plus importante au cours des dernières semaines a certainement été celle du CHSLD de Lambton, où 22 employés ainsi que 22 des 29 résidents ont fait la maladie, et qui a causé la mort de cinq d’entre eux.

« La situation au CHSLD de Lambton est stabilisée. Plusieurs des résidents guéris de la COVID-19 sont de retour à Lambton après avoir séjourné au Centre de confinement de Sherbrooke. Au cours des derniers jours, un employé du CHSLD a été testé positif, mais l’enquête épidémiologique montrera si la transmission était sur son lieu de travail ou ailleurs dans la communauté », a indiqué le président-directeur général du CIUSSS de l’Estrie-CHUS Stéphane Tremblay.

 Les éclosions dans trois départements de l’Hôpital de Granby sont aussi sous contrôle, indique M. Tremblay. Le bilan est toujours stable avec 13 usagers et 15 employés contaminés par le coronavirus.

Trois CHSLD de Sherbrooke (Youville, Saint-Joseph et Argyll) ainsi qu’un département de l’Hôpital Fleurimont sont toujours en veille d’éclosion, c’est-à-dire qu’un membre du personnel a été testé positif et retiré du milieu de travail. Jusqu’à présent, il n’y a toutefois pas de trace d’éclosion, c’est-à-dire de preuve que les employés ont contaminé d’autres personnes dans le cadre de leur travail.

Le PDG du CIUSSS de l’Estrie-CHUS a insisté : les hôpitaux sont sécuritaires pour les gens qui ont besoin de soins de santé même s’ils ne sont pas infectés par la COVID-19. « Si votre état de santé physique se détériore, consultez! N’hésitez pas! On met tout en œuvre pour que votre parcours de soins soit sécuritaire. »