Le directeur de la Santé publique de l’Estrie, Alain Poirier
Le directeur de la Santé publique de l’Estrie, Alain Poirier

L’Estrie encore le bon élève de la semaine

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
« Nous avons des nouveaux cas, mais nous n’avons pas eu d’éclosions dans aucun milieu. En Estrie, la situation est revenue à la normale, ou presque, mais il faut continuer de suivre les consignes », insiste le Dr Alain Poirier, directeur de la Santé publique de l’Estrie.

La situation de l’Estrie continue d’être enviable, deux semaines après l’ouverture des écoles, des chantiers de construction et de nombreux commerces. Depuis vendredi, il est aussi permis de tenir des rassemblements extérieurs comptant jusqu’à 10 personnes provenant de trois familles différentes. Les musées et les bibliothèques reprendront aussi leurs activités dès la semaine prochaine.

La prudence demeure de mise même si la situation de l’Estrie est enviable.

« Le virus est là. Il est là. Je vous en prie, respectez les consignes : lavage de mains, distanciation sociale, porter le masque autant que possible. C’est une prescription très importante, aussi importante qu’une prescription d’antibiotiques quand on combat une infection », a martelé vendredi le Dr Horacio Arruda, directeur national de la Santé publique du Québec.

Ailleurs dans la province, on a commencé à noter quelques cas d’écoliers testés positifs à la COVID-19, notamment un enfant de Drummondville. En Estrie, encore rien.

« Chaque nouveau cas est enquêté. Jusqu’à présent, nous n’avons pas vu de mini éclosions ou d’agrégats, sinon des contacts domiciliaires, des gens qui vivent dans la même maison », précise le Dr Poirier.

22 nouveaux cas

Dans la dernière semaine en Estrie, il y a eu 22 nouvelles personnes atteintes du nouveau coronavirus. Il y a maintenant 927 Estriens qui ont eu la maladie, dont 25 en sont décédés.

Il y a à ce jour 55 personnes rétablies, soit 81 % des personnes qui ont été trouvées positives au coronavirus.

« La stratégie du Québec est de tester seulement les travailleurs de la santé atteints, avant leur retour au travail, pour être certains qu’ils ne présentent plus de traces du virus quand ils retournent dans un milieu qui nous inquiète, comme un CHSLD. Nous testons aussi les personnes hospitalisées qui doivent retourner dans un milieu à risque, comme une résidence pour personnes âgées. Cependant, quand les personnes n’ont plus de symptômes depuis 14 jours et avec une série de critères, nous les considérons rétablies et le confinement est levé pour elles », précise le Dr Poirier.

Vendredi à 13 h, les lits de soins intensifs réservés aux patients atteints de la COVID-19 étaient complètement vides dans les hôpitaux du CIUSSS de l’Estrie-CHUS. Les lits d’hospitalisation se vident aussi peu à peu, alors qu’il ne restait plus que neuf personnes hospitalisées, alors qu’il y en a déjà eu près d’une cinquantaine.

Les villes les plus atteintes sont jusqu’ici sont Sherbrooke avec 299 patients, Granby (140), Magog (67), Bromont (30), Racine (28), Cowansville (27) et Farnham (25).

Au total depuis le début de la pandémie, 17 407 personnes en Estrie ont été testées, ce qui amène à un pourcentage de cas confirmés de 4,6 %.

Assouplissement pour les enfants?

Cette semaine, l’Association des pédiatres du Québec a demandé à la Santé publique d’assouplir les règles de distanciation physique pour les enfants (voir autre texte en page 14).

On n’en est pas rendu à ce stade, indique le Dr Poirier.

« Il faut trouver l’équilibre entre l’efficacité et la faisabilité. On sait que les enfants transmettent peu la maladie et qu’ils sont peu malades. On sait que certaines choses qu’on demande ne sont pas faisables pour des enfants, comme de garder deux mètres entre chaque jeune enfant. C’est pourquoi on a annoncé des règles différentes pour les camps de jour, avec des ratios plus petits par animateur. Comme ça, s’il y a une éclosion, ce sera une éclosion à quatre et non pas à 40 », souligne le directeur de la Santé publique de l’Estrie.

« Est-ce que ce sont les règles qui vont changer ou si c’est la façon d’organiser les activités qui devra changer? Ce sera probablement un peu des deux », ajoute le Dr Poirier.