La reprise des cours au primaire, à l’extérieur dans certains cas, n’a entraîné aucun nouveau cas de coronavirus parmi les élèves estriens depuis un mois.
La reprise des cours au primaire, à l’extérieur dans certains cas, n’a entraîné aucun nouveau cas de coronavirus parmi les élèves estriens depuis un mois.

L’Estrie a fait ses devoirs

Sherbrooke — Il y a eu une soixantaine de cas positifs du nouveau coronavirus en Estrie au cours du dernier mois, soit une moyenne de deux cas par jour. La tendance s’est poursuivie cette semaine, alors qu’aucun nouveau cas n’est venu alourdir le bilan depuis mercredi. On compte maintenant 937 Estriens qui ont été touchés par la COVID-19, dont 25 en sont décédés. Parmi toutes ces personnes, 882 sont considérées comme rétablies.

Il faut savoir que les temps ont bien changé : entre le 23 mars et le 18 avril, les cas positifs s’additionnaient à coups de 10, 20, 30 et même 40 nouveaux cas chaque jour sur le territoire du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Il est intéressant de constater à quel point les mesures d’hygiène, de confinement et de distanciation physique ont porté leurs fruits pour freiner la propagation de la maladie. Prenons un exemple. Combien de contacts étroits ont eu les personnes qui contractent la COVID-19 ces jours-ci au cours des 48 à 72 heures précédant l’apparition de leurs symptômes? « Parfois, les personnes ont un, deux ou trois contacts étroits, parfois zéro. En mars, une personne positive pouvait avoir jusqu’à 100 contacts étroits lorsque l’on faisait nos enquêtes épidémiologiques », explique le Dr Alain Poirier, directeur de la Santé publique de l’Estrie.

Un contact est considéré étroit lorsque deux personnes ont été en contact à moins de deux mètres et de façon prolongée (plus de 15 minutes) avec une personne ayant une infection confirmée durant sa période de contagiosité sans que les mesures de protection requises n’aient été appliquées.

Consignes suivies

« Rappelons-nous comment on vivait encore en décembre : on se serrait la main, il y avait des embrassades, on allait à l’épicerie et on était proches les uns des autres, on covoiturait... La situation est bien différente maintenant alors que nous sommes tous confinés. Quand on fait une enquête, les gens ont eu peu de contacts étroits. Les gens s’isolent tout de suite, ils respectent les consignes. Ça freine la propagation de la maladie », ajoute le directeur de la Santé publique de l’Estrie.

La Santé publique de l’Estrie continue de faire des tests, même si les gens symptomatiques sont de plus en plus rares. « Nous avons aussi testé des gens asymptomatiques dans certains milieux plus vulnérables comme les CHSLD. De mémoire, on parle de 1300 tests que nous avons faits dans ces milieux, et un seul est ressorti positif », indique-t-il.

En Estrie comme ailleurs au Québec, la capacité de faire des tests a beaucoup augmenté ces dernières semaines, mais les gens malades à tester se font plus rares, ce qui complique la tâche de dépistage.

« Un groupe de travail provincial présentera sous peu une quinzaine de recommandations pour le dépistage. Il faut rappeler que tester les huit millions de Québécois ne mènerait pas à grand-chose. Quand on fait le test sans symptômes, tout ce que ça nous indique, c’est qu’on ne retrouve pas le virus à ce moment-là. Mais le lendemain, on peut avoir été infecté et on retrouverait le virus à ce moment-là », indique le Dr Poirier.

Aucun cas dans les écoles

Voilà une quatrième semaine d’école qui vient de se terminer et il n’y a toujours eu aucun cas confirmé dans les écoles de l’Estrie, pas plus que dans les milieux de garde ou les commerces qui ont commencé à rouvrir leurs portes graduellement il y a un mois maintenant.

« Quand les écoles ont ouvert, on était en surveillance parce que le délai d’incubation du virus est de cinq jours en moyenne. Mais ça fait maintenant un mois et tout va bien. Il faut continuer d’être vigilant. Après, il y aura la réouverture des restaurants, des camps de jour, des piscines publiques... Il y aura toujours quelque chose de nouveau à surveiller. Mais si les gens en général et les travailleurs de la santé continuent de bien travailler, de respecter les mesures d’hygiène et de distanciation physique, on va arriver à déconfiner », mentionne le Dr Poirier.