Âgé de 107 ans, Adrien Rompré reçoit régulièrement la visite de son petit-fils Jean-François, de son fils Guy et de son arrière-petit-fils Malik.

L’esprit bien alerte à 107 ans

Le temps ne semble pas avoir de prise sur Adrien Rompré. Né avant la Première Guerre mondiale, ce Magogois a célébré son 107e anniversaire en février et il conserve tout de même un esprit alerte et taquin.

Les gens sont souvent épatés lorsqu’ils rencontrent un centenaire aussi en forme qu’Adrien Rompré. Toutefois, le principal intéressé, lui, ne fait pas de cas de son âge. « Beaucoup de monde voudrait savoir ce que je mange ou c’est quoi mon secret. Mais en fait j’ignore comment je me suis rendu là. Tout ce que je sais, c’est que ça se peut d’arriver à 107 ans. Pourquoi ça ne serait pas possible dans le fond? », demande-t-il.

S’il vit en Estrie depuis des décennies, le Magogois a grandi à Sainte-Anne-de-la-Pérade. Il a par la suite longtemps résidé dans la région de Montréal, où il a travaillé comme policier durant une trentaine d’années.

Adrien Rompré s’est installé en bordure du lac Memphrémagog en 1962. Il vivait à l’époque avec son épouse, Claire Messier, décédée il y a une quinzaine d’années.

Lorsque le centenaire évoque ses années au bord du lac Memphrémagog, ses yeux s’illuminent. « Je suis resté là plus de 40 ans. Ça a été les plus belles années de ma vie. Mes petits-enfants venaient souvent me visiter. Je les ai vus grandir », raconte-t-il avec émotion.

Grand amateur de pêche, M. Rompré a fréquemment lancé sa ligne dans le Memphrémagog et il garde un souvenir impérissable de toutes les heures passées à pêcher sur ce lac. « La pêche m’a intéressé dès mon arrivée à Magog. »

L’émeute du forum

Au cours de sa carrière dans la police à Montréal, Adrien Rompré a en outre été affecté à la protection de Clarence Campbell, ancien président de la Ligue nationale de hockey. Il était tout près de lui quand a éclaté la fameuse émeute du 17 mars 1955 en réaction à une suspension imposée à Maurice Richard, le légendaire joueur des Canadiens de Montréal.

« Clarence Campbell avait eu un front de bœuf de se présenter au Forum de Montréal ce jour-là. À l’époque, il ne fallait pas rien dire ou faire contre Maurice Richard. La foule n’était pas contente du tout de la présence de Campbell. Les gens ont commencé à lui lancer des choses et ça a dégénéré par la suite. L’émeute a continué sur la rue Sainte-Catherine et les policiers ne pouvaient rien faire », souligne-t-il.

Si M. Rompré évoque le souvenir de cette émeute calmement, il admet néanmoins que cet événement l’a réellement marqué. « C’est la pire chose que j’ai vue pendant mes années dans la police », concède-t-il.

Un « modèle »

Arrière-petit-fils du Magogois, Malik Rompré est âgé de huit ans. Il sait qu’il est chanceux de pouvoir voir son arrière-grand-père régulièrement. « C’est vrai que c’est vieux, 107 ans », lance le jeune garçon.

Son père, Jean-François, affirme qu’Adrien est un véritable « modèle » pour lui. « Il nous amène tellement de notions et de valeurs intéressantes. Je suis très fier de lui. Ce qui est plaisant en plus, c’est qu’il est encore lucide », déclare le conseiller municipal à Magog.

Guy Rompré est un des trois enfants du centenaire. Il est également bien connu en sol magogois puisqu’il a cofondé le Cirque des étoiles Memphrémagog, une organisation présente dans plusieurs écoles de la ville.

« Mon père a habité chez moi pendant huit années, après quoi il est allé en résidence pour aînés cinq ans. Il est rentré à l’hôpital dans les derniers mois et a affronté une pneumonie, une gastro et une infection. Mais il a remonté la pente. Il est fait fort. En plus, ici au CHSLD de Magog, il est apprécié parce qu’il remercie tout le monde », souligne-t-il.