Ces 20 dernières années, plusieurs programmes de dépistage ont fait leur apparition. C’est notamment le cas du programme de dépistage du cancer du sein, avec une mammographie programmée aux deux ans.
Ces 20 dernières années, plusieurs programmes de dépistage ont fait leur apparition. C’est notamment le cas du programme de dépistage du cancer du sein, avec une mammographie programmée aux deux ans.

L’espoir après quelques détours

Vingt ans après l’an 2000, La Tribune choisit de se pencher chaque mois sur un enjeu de société qui a marqué le début du siècle pour prendre la mesure de ce qui change et de ce qui ne change pas. En mai : l’évolution de la recherche sur le cancer.

Au fil des ans, les traitements se sont améliorés et peaufinés. Les cliniciens connaissent mieux les médicaments, leurs effets secondaires, ils savent mieux les contrôler, les anticiper, contourner les obstacles.

Chimiothérapies, radiothérapies, chirurgies font toujours partie de ces armes utilisées pour lutter contre la maladie. Mais ces traitements sont de plus en plus personnalisés. En effet, la médecine personnalisée (aussi appelée la médecine de précision) et l’immunothérapie font partie des voies de l’avenir pour offrir un meilleur traitement aux patients plutôt qu’un traitement universel.

La médecine de précision amène le traitement du cancer dans une dimension entièrement nouvelle et différente en permettant de déterminer les traitements en fonction des gènes d’une personne ou d’autres caractéristiques uniques du cancer dans son cas.

L’immunothérapie permet quant à elle de renforcer ou de rétablir la capacité du système immunitaire de combattre le cancer.

Et quand plus rien ne fonctionne, ce sont parfois des projets de recherche clinique qui viennent en aide aux patients.

En effet, partout dans le monde, dont ici au Québec, des chercheurs tentent de mieux comprendre l’origine des maladies, ce qui ouvre la voie à de nouvelles avenues pour rendre les traitements, les médicaments et les chirurgies plus efficaces.

« Le cancer fait peur, mais la survivance du cancer est beaucoup plus élevée qu’elle ne l’était il y a 20 ans », lance André Beaulieu, directeur des communications stratégiques et analyse de la marque à la Société canadienne du cancer (SCC).

En l’an 2000, le cancer était encore considéré comme une « maladie mortelle ».

C’est en 2010 que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a décrété que le cancer était devenu une « maladie chronique » en raison de sa survivance beaucoup plus élevée qu’auparavant.

« Les gens aujourd’hui vivent parfois plus de 10 ou 15 ans avec un cancer », indique M. Beaulieu.

Explosion de cas

Le nombre de cas de cancers a explosé au Canada au cours des 20 dernières années : on parle de 70 % plus de cas déclarés en 2019 par rapport à 1999.

Et ce n’est pas fini. « L’accroissement démographique de la population va s’accentuer d’ici 2030, alors qu’on prévoit qu’une personne sur quatre aura plus de 65 ans en 2030. On s’attend à une augmentation de 30 % du nombre de cas de cancer d’ici 2030 », indique André Beaulieu.

Car il faut savoir que le risque de développer un cancer s’accentue énormément à mesure que l’on avance en âge. « À partir de la cinquantaine, il y a quatre fois plus de risques de développer un cancer », souligne M. Beaulieu.

Les maladies cardiovasculaires ont cessé d’être la première cause de mortalité au Canada en 2005 quand elles se sont fait ravir la première place par le cancer.

Les habitudes de vie

Fait encourageant, certains facteurs pourront aider à ralentir le nombre de diagnostics.

La statistique a de quoi surprendre : quatre cancers sur dix pourraient être évités grâce à des changements d’habitudes de vie, tout simplement : éviter le surpoids, ne pas fumer, manger sainement, manger moins de sucres et de produits transformés, se protéger adéquatement du soleil.

« Pour certains cancers, comme celui de la peau, on espère voir une diminution au cours des prochaines années. Les jeunes, aujourd’hui, protègent mieux leur peau beaucoup mieux que le font les gens de 50, 60 ans et plus », donne-t-il en exemple.

Certains changements de comportements vont donner leurs fruits… beaucoup plus tard. C’est aujourd’hui le cas avec le tabagisme par exemple. « Les hommes ont commencé à diminuer la consommation de tabac dans les années 1970. Oui ça fait presque 50 ans, mais il faut savoir que le tabagisme peut donner provoquer un cancer du poumon beaucoup plus tard. On a vu une baisse du cancer du poumon pour la première fois en 50 ans au Québec en 2019! » soutient André Beaulieu.

Les programmes de dépistage

Ces 20 dernières années, plusieurs programmes de dépistage ont fait leur apparition. C’est notamment le cas du programme de dépistage du cancer du sein, avec une mammographie programmée aux deux ans.

La survie au cancer colorectal s’est également améliorée, mais après cinq ans, elle n’est que de 65 %. Cela traduit probablement le fait que près de 50 % des cancers colorectaux sont diagnostiqués au stade III ou IV. Cependant, il existe des programmes de dépistage du cancer colorectal dans la population partout au pays… sauf au Québec, où le programme est en élaboration.

« Compte tenu de la participation accrue à ces programmes, un plus grand nombre de cancers devraient être diagnostiqués de façon précoce, et la survie au cancer colorectal devrait augmenter », espère le directeur des communications stratégiques à la SCC.

Il y a aussi eu l’apparition du vaccin contre le VPH, le virus du papillome humain, qui devrait permettre de réduire la prévalence de plusieurs cancers. Le VPH est l’infection transmissible sexuellement la plus fréquente dans le monde actuellement. Le VPH peut toucher toute personne active sexuellement et peut causer le cancer du col de l’utérus, du vagin, de la vulve et de l’anus.